4×4 en Tunisie – 3 defender TD5 dans le sable

Après de nombreux longs voyages à bord de mon defender, un ami m’a proposé de visiter le grand sud tunisien. Nous voyageons en 4X4 pour nous permettre de sortir des sentiers battus car les lieux trop touristiques nous agacent un peu. J’ai déjà pu visiter le Maroc, la Mauritanie et le Mali plusieurs fois ainsi que la Grèce, l’Espagne et quelques endroits de France. N’ayant pas d’expérience du sable, mon ami a souhaité « faire ses gammes » en ma compagnie. Une famille rencontrée par hasard un an auparavant se joint à nous. Je ne connais pas du tout la Tunisie et ce voyage m’a réservé de bonnes surprises. Les paysages féeriques et les tunisiens très accueillant.

Texte et images Renaud Jager

Les véhicules et les passagers :

Nous sommes parti avec 3 defender 110 TD5 avec à leur bord : Yannick, Eric et moi, Agnès (blog : renaudjager.spaces.live.com
et Bruno, Nathalie, Philippe et Romain. Le plus jeune a 15 ans, le plus âgé, plus de 50 ans. Les Land Rover sont bien chargés mais les prépas 4×4 sont simples et efficaces. Pour ce qui est du mien, avec à son bord, Yannick 29 ans, Eric la quarantaine et moi-même 29 ans, les ressorts sont des « Britparts rehaussés et renforcés, les amortisseurs, des konis standards réglables. Ce compromis est à mon sens idéal vu le prix et l’efficacité. Sur ma galerie prennent places une tente de toit Hannibal, une roue de secours, 1 pneu et les plaques à sable en alu. Un aménagement intérieur fait maison et ayant fait ses preuves lors de mes voyages nous permet de ranger les affaires et laisse suffisamment de place pour qu’un adulte dorme dans la voiture.

Concernant le moteur, un boitier motorsport fait passer la puissance du def de
122cv à 155cv. Bien évidemment, protections de pont, de carter et de phares complètent la panoplie. Les pneus mud en 255/85R16 sont montés sur des jantes modular tubeless. Un frigo coolmatic de 35l prend place derrière le siège conducteur. Le GPS garmin V nous permet de suivre les points donnés dans le guide « Gandini ». Les autres defs ont tous des amortisseurs et ressorts renforcés ainsi qu’une galerie mais pas de prépa moteur. Concernant l’autonomie, 80l de gasoil dans des jerricans stockés à bord nous autorisent de longs parcours dans le sable. Il n’est pas nécessaire de prévoir une prépa digne d’un tour du monde pour l’itinéraire que nous avons choisi, un Land Rover « stock » ferait très bien l’affaire… Les nôtres n’ont pas été préparé exclusivement pour ce voyage ce qui explique qu’ils ne soient pas d’origine. Nous avons donc suivi le Gandini « les piste du sud tunisien ».

Le parcours était le suivant :

Tunis, Tataouine, Remada, Tiaret, Bir Pistor, Borj El Khadra, Ain Skouna, Passage dit « de la douane », la « carcasse de camion », boucle passant par le CP3 du rallye de Tunisie, El
Borma, Ksar Ghilane, Tembain, traversée hors piste sur Dar Fellah, Douz puis une remontée par quelques pistes plus cassantes.

Infos pratiques :

La Tunisie est un pays très accessible car proche de chez nous et facile d’accès. Les formalités de douane et de police s’effectuent sur le bateau qui part de Gênes et accoste au port de La Goulette à Tunis. Bien sûr, il ne faut pas oublier passeports, carte grise et assurance. Pour visiter le grand sud, des autorisations sont nécessaires. Avant le départ, nous avons faxé la liste des participant, les infos sur la voiture ainsi qu’une déclaration sur l’honneur à Mr Béchir à Tataouine.

Il nous suffit de l’appeler quand nous arrivons sur place pour qu’il nous remette le précieux sésame moyennant quelques euros par personne. Point important, un téléphone satellite est exigé et on nous demande le numéro…sans pour autant vérifier que nous l’avons bien avec nous !

Le voyage :

L’objectif du voyage est de profiter un maximum du sable et des dunes, c’est pourquoi nous avons volontairement mis de côté l’aspect culturel et les plages. 3 semaines sont largement suffisantes pour le périple effectué. Nous voulions faire de petites étapes. La plus longue fut celle reliant la maison à Gênes soit 370kms ! En moyenne, nous ne roulions que 100 à 150kms par jour.

Nous quittons la Haute Savoie et rejoignons Philippe et sa famille sur le port de Gênes. Eux arrivent des Alpes du Sud. Déjà, de nombreux véhicules équipés s’amassent sur le port. Nous faisons la queue pour obtenir les billets réservés par téléphone. L’embarquement s’effectue assez rapidement et nous prenons place sur les banquettes du bar car par souci d’économie, nous n’avons pas réservé de cabine.

Le lendemain vers midi, le bateau arrive à Tunis. Malgré le nombre de passager et de
véhicules présents, le débarquement et le passage de la douane ne nous prendra qu’une heure.

Après avoir changé un peu d’argent à l’aéroport, nous prenons la route du Sud. Parfois, certains véhicules qui étaient dans le bateau avec nous nous doublent. Ce soir, bivouac en bord de mer près de Sousse.

La route est encore longue jusqu’à Tataouine d’autant que l’autoroute s’est transformée en route et que la circulation est très dense et anarchique. Je retrouve les ambiances du Maghreb dans cet agréable capharnaüm. Nous arrivons à Tataouine en fin d’après midi et téléphonons à Mr Béchir. Il arrive rapidement et nous remet les autorisations. Après un petit tour en ville, nous partons chercher un bivouac sur les hauteurs. L’ambiance est agréable et on commence à se sentir en vacances.

Le matin, nous remplissons nos réservoirs et jerrican car en zone militaire, le carburant est beaucoup plus cher. Deux solutions s’offrent à nous pour rejoindre Remada. Soit par la route, soit par la piste. Notre envie de poser nos pneus hors bitume nous fait choisir la seconde. Mais depuis presque dix ans que le guide existe, certaines pistes sont devenues des routes ! Encore une quarantaine de kilomètre et nous bifurquons sur une piste sablonneuse, quel bonheur. Il y a même de petites dunettes dans lesquelles la conduite est facile. Nous n’avons pas besoin de dégonfler les pneus, même pour le premier franchissement non obligatoire mais tellement tentant. Les novices sont un peu impressionnés mais ça passe tout seul. Un peu avant Remada,
du sable vient lécher un plateau qui nous offre un bel endroit pour poser le camp. L’accès est un peu technique mais c’est pour ça qu’on a choisi le 4X4 !

Après une nuit agréable, nous quittons notre promontoire en descendant dans le sable.
A Remada, il nous faut trouver le point de contrôle pour faire viser les autorisations. Un
Policier nous dit que ce n’est pas nécessaire. Il a du se tromper car au premier contrôle, le militaire nous demande de retourner à Remada car nous n’avons pas la signature !
Heureusement, seuls quelques kilomètres nous séparent de la base militaire. Les formalités remplie, nous abordons une piste avec un peu de tôle ondulée, elle durera toute la journée !

Nous sommes à présent dans un reg, plat, immense, monotone et toujours pas de dunes. Seuls quelques bancs de sables s’accrochent aux rares reliefs. Puis apparaissent de timides dunes. De petites barkhanes nous abritent pour la nuit. Bruno tente de nous faire du pain cuit dans le sable. Pas mal pour un premier essai. Malheureusement, le vent s’est levé et notre repas est assaisonné au sable. C’est ça aussi le désert…

Nous atteignons la base de Tiaret vers midi. De grands réservoirs pointent vers le ciel. Des grillages et des fils barbelés les entourent. Pas de doute, il y a du pétrole ici ! Après avoir passé le contrôle, nous nous arrêtons pour demander du gasoil. Une pompe ornée
d’autocollants divers trône au milieu des réservoirs.

Le gasoil est à 1,30 dinars au lieu des 0,79 dinars habituels mais pas le choix. Le responsable du site nous indique où remplir nos bidons d’eau. On a l’autorisation de faire un brin de toilette avec le tuyau ce qui n’est pas désagréable et très rafraîchissant. Puis nous cherchons quelques denrées alimentaires. Le cuisinier de la base nous offre des fruits, des légumes et du pain en nous disant qu’ici, c’est le désert et que l’entraide est bien normale ! Nous reprenons la piste vers le sud. Nous avons quitté l’itinéraire principal pour longer la frontière libyenne à la recherche du monument de Morès, un marquis disparu en 1896 lors d’une exploration, tué par des Touareg.

Postés à seulement quelques mètres de la frontière, nous pensons sans le dire qu’un prochain voyage nous mènera surement de l’autre côté…

A l’abri d’une bâche tendue entre les voitures, nous profitons de l’ombre pour déjeuner. Puis nous reprenons la piste plein sud. Elle est peu roulante mais jolie. Quelques dromadaires trainent ça et là. Bientôt, nous retrouvons la piste principale couverte de sable. Enfin ! Les premiers plantages ne tardent pas mais la bonne humeur est de mise ! C’est comme ça qu’on apprend. De petits cordons de dunes nous abritent pour la nuit mais pas avant d’avoir descendu une pente de sable mou. Toujours plus grands, ces franchissements nous servent d’échauffement pour la suite.

Nous repartons en direction d’un site connu pour abriter des roses des sables. La piste est sablonneuse et ses abords sont de grandes plaines couvertes de sable avec de l’herbe à chameau. Je ne résiste pas à l’envie de rouler sur ce sable porteur. J’adore cette conduite rapide. Le land semble flotter sur cet océan de sable. Il faut juste faire attention car le soleil écrase les reliefs et on ne voit pas les trous. Les grandes dunes de l’erg oriental se rapprochent. Et dire que demain, nous serons dedans. Nos sentiments se partagent entre excitation et appréhension.

Au milieu d’une sebkha (ancien lac asséché), nous ramassons des roses des sables. La piste nous emmène ensuite à Borj El Khadra à la pointe sud du pays. Un lac jouxte la base et donne une vision irréelle. Des roseaux, de l’eau, des palmiers avec en fond les dunes. C’est grandiose !

Nous remettons nos passeports aux militaires et allons boire un thé à la menthe au « café du coin ». Les murs intérieurs sont recouverts par les noms de ceux venus se perdre ici.

Je pars avec Romain et Yannick pour trouver du pain. Une soixantaine de personne vit là,
loin de tout. Une dame nous propose de nous faire des galettes et nous discutons avec sa famille autour d’un verre de sirop de citron.

De retour aux véhicules et après avoir mangé, nous récupérons nos passeports et remontons vers le nord. La piste nous réserve quelques surprises et nous sommes obligés de dégonfler un peu les pneus. Une traversée hors piste nous mène au bivouac.

Les franchissements amusent tout le monde.

Face à un petit erg, notre campement est magique. Les lumières du soir nous permettent de belles photos lors d’une ballade dans les dunes.

Nous récupérons la piste principale après une nouvelle traversée au cap. Mes compagnons commencent à y prendre plaisir… Bientôt, nous passons dans une espèce de corridor formé par les dunes. Elles sont gigantesques, hautes d’une soixantaine de mètres. Un arrêt s’impose et voila toute la tribu tentant d’escalader ce mur de sable mou. Arrivés au sommet, les defs semblent tout petit. Romain profite de cette belle pente pour sortir le body board pour une descente plus excitante.

photos grand erg

Après ce moment ludique, nous repartons vers Aïn Skouna, une source d’eau chaude. Les aménagements sommaires ne nous permettent pas de prendre un bain. Après le contrôle, nous revoilà à Tiaret. De nouveau, nous faisons le plein d’eau et de gasoil. Nouvelle douche au jet, on se croirait en balnéo ! Puis nous profitons d’une fosse mise à notre disposition pour une petite révision des véhicules et faire les graissages Nous avons décidé de passer la « douane » aujourd’hui. Ce passage est dénommé ainsi car on dit que tout le monde s’y plante au moins une fois. Le GPS nous indique l’entrée de la passe dans 800m. Soudain, au passage d’une dunette la galerie de Bruno semble se soulever puis vient s’écraser sur le toit du def ! Les vibrations de la piste ont desserré les pattes. Bruno et Agnès vont bien et après un premier moment de stupeur, nous reprenons nos esprits pour voir l’étendue des dégâts. Le toit est enfoncé et les vitres latérales ont sauté. Avec Bruno, nous tentons de détordre le toit avec une
barre à mine, remettons les vitres tant bien que mal pendant que les autres réparent la galerie.

Je lui avais pourtant bien dit que sa galerie était trop chargée avec les jerricans ! Sûr que la prochaine fois, ils feront attention ! L’eau et le gasoil trouvent finalement une place dans le def et on se pose pour le bivouac.

Arrivés au début du passage de la « douane », nous dégonflons les pneus à 1 kg.

Les petites dunes s’enchevêtrent à perte de vue. Il faut trouver le bon passage. De part mon expérience, les autres me désignent comme ouvreur. Yannick et Eric font le parcours à pied en cherchant le meilleur itinéraire. Je me lance, vitesses courtes enclenchées. Le sable est parfois mou et le def est mis à rude épreuve. Mais ça passe, sans s’ensabler.
Mes compagnons de voyage suivent mes traces. Dans un dévers, Le def de Bruno patine et c’est l’ensablement. Rien de trop sérieux, nous sortons ses plaques rouges en fibres, donnons quelques coups de pelle et poussons et ça repart.

Ce qui est difficile dans ce passage, c’est qu’aucune trace ne nous aide, tout est à faire. Au milieu de la passe, nous sommes rejoins par un groupe de moto et de quads. Je continue à faire la trace pendant que les autres discutent avec les motards. Je sors enfin de la passe, assez fier de la trace établie…Nous sommes bientôt doublés par le 4X4 suivant les motos. Puis la piste serpente entre des dunettes qui se rapprochent de plus en plus. Arrivés à une sorte de petit col, l’horizon se dégage et les dunes sont plus grandes. Le cheminement est somptueux à travers les cordons de dunes. Nous avons rejoint la « carcasse de camion » où nous pique-niquons.
Nous allons entamer la partie sensée être la plus majestueuse du voyage : une boucle en hors piste par le CP3 du rallye de Tunisie. Cette fois ça y est, pas moyen, d’éviter les grands cordons de dunes, il faut les franchir. Ca parait impressionnant au début mais c’est finalement assez facile, le sable étant porteur dans les gassis. Il faut attaquer la dune de front en gardant de l’élan, puis arrivés en haut, trouver le bon passage pour la descente dans le gassi suivant. Nous nous arrêtons souvent pour faire des photos. La navigation est simple, nous roulons au cap et atteignons le CP3 pour le bivouac.

Aujourd’hui, nous devrions avoir de belles descentes de dunes. Quelques minutes après le départ, nous apercevons des traces de gazelles. Puis c’est parti pour un grand tour de
montagnes russes. L’accès en haut des dunes est des plus facile. Les descentes sont très impressionnantes mais nous nous sentons comme des enfants avec leur jouet. Ca glisse, ça glisse, c’est vraiment le bonheur. Biensûr, les plantages arrivent parfois mais il n’y a jamais rien de grave. A part les tapis rouges synthétiques, nous n’avons pas encore utilisé de plaque de désensablage. Nous passons la matinée à remonter vers la carcasse de camion.

Là, nous arrivons sur une piste ensablé avec de grosses traces de camion. Après quelques kilomètres, nous atteignons le fameux « jacuzzi ».

L’odeur aux alentour est nauséabonde mais l’eau est chaude et une sorte de grosse baignoire a été aménagée. La « balnéo » continue dans ce bain pour 7 personnes. Nous sommes seuls et la baignade nous fait un bien fou. Le camp sera planté non loin de là.

Encore un peu de hors piste avant de rejoindre la piste pour El Borma. L’arrivée aux abords de cette ville est un choc. Partout aux alentours, les cables, tuyau, poteaux électriques donnent une ambiance assez glauque. Mais il suffit de tourner la tête pour avoir la vue sur de belles dunes. On a l’impression que les hommes ont poussé le sable pour s’installer. Il faut faire le plein. D’abord, nous appelons le responsable qui arrive quelques minutes plus tard mais il n’a pas la clé. Il repart donc la chercher. Le gasoil coute 1,74 dinars soit 1€/l.

Comme à Tiaret, nous allons voir le cuisinier qui nous offre fruits, légumes et pain.
Poursuivant notre chemin, nous croisons de nombreux 4X4 en groupe de 10 à 12 véhicules. Il va y avoir du monde au jacuzzi ! Pour remonter sur ksar Ghilane, nous prenons une variante qui nous emmène dans une petite vallée envahi de dunettes et bordée de collines tabulaires. Ici, nous planterons le bivouac après avoir sorti, avec la sangle kinétic, le def de Bruno planté sur une petite crête.

Nous nous essayons aux galettes car le pain vient à manquer.

A Ain Sobat, le propriétaire d’un camping nous autorise à utiliser la piscine ! Quel luxe !
Arrivés à Ksar Ghilane, nous faisons le plein chez un petit revendeur de gasoil (1,30dinars).
Nous profitons à nouveau d’une baignade dans la source qui a donné son nom à la palmeraie. Mais l’endroit, trop touristique à notre gout nous fait écourter la visite. Nous bivouaquons quand même non loin de la palmeraie et partons visiter un fort à pied, bientôt rejoins par d’autres touristes à dos de dromadaire.

La piste d’aujourd’hui nous conduira à Tembain, rochers perdus au milieu des dunes. Le
terrain d’abord roulant devient de plus en plus sablonneux. Le chemin passe par un erg. Les nombreuses traces bien marquées nous permettent de le franchir sans encombre. Alors que nous contournons le parc du Djebil, le vent se lève et écourte notre pause déjeuner. Les dunes se resserrent et nous devons dégonfler les pneus pour passer plus facilement. Les traces sont anciennes mais nous permettent de trouver le bon passage. A 9kms GPS de Tembain, nous bivouaquons.

photos piste Tembain

Deux 4X4 passent devant le camp de bonne heure. Leurs traces fraiches nous évitent la
difficulté d’avoir à faire notre trace. Les rochers de Tembain se dressent devant nous. Nous garons les véhicules et gravissons les quelques mètres qui nous séparent du sommet. D’en haut, la vue sur les dunes est grandiose. On se sent tout petit.
Au retour de notre promenade, nous partons pour une traversée hors piste dont les points GPS ont été tracés sur TTQV, un logiciel bien connu des voyageurs. Nous ne savons pas si ça passera mais le fait de se dire qu’on ne passera peut être pas décuple notre motivation. Les difficultés ne tardent pas à arriver. A l’intérieur des ergs, les dunes sont serrées, si serrées que la reconnaissance à pied est indispensable. A nouveau, je fais la trace. Derrière, les plantages se succèdent mais nous avançons doucement mais sûrement. Bruno me dit que jamais il n’aurait cru qu’on pouvait passer par là en voiture. Parfois, un gassi nous permet d’améliorer notre moyenne horaire. Nous dormons au pied du dernier erg à franchir avant de rejoindre la piste.

piste de l’oued bou bell

Le ciel s’assombrit et en quelques minutes, le vent se lève et avec le vent, le sable ! Puis vient la pluie, beaucoup de pluie. Enfin, une heure plus tard le temps se calme.
Les dunes ont pris une couleur chocolat ce matin. Le dernier cordon de dunes est franchi sans difficulté majeure et nous gagnons, rassurés la piste de Dar Fellah.

piste de l’oued bou bell

Puis nous avalons les 70kms nous séparant de Douz. Dans cette ville, nous faisons notre
ravitaillement et les hommes s’offrent une séance chez le barbier. Tout fringuant, nous
repartons pour une traversée du chott el Fejaj.

Après avoir dépanner un autochtone coincé par une crevaison au milieu du chott, nous
cherchons un bivouac au pied de montagne nous faisant penser au Far West. La température a chuté et il nous faut ressortir les pulls. Nous traversons à présent, non plus les cordons de dunes mais les « cordons de montagne ».

D’une vallée à l’autre, notre voyage continue. Nous abordons la dernière piste prévu du coté de Sakket. Nous passons dans un défilé ou il y a juste la place pour les defs puis partons pour une piste technique redescendant dans la vallée de l’oued Bou Bellel.

La descente sur cette piste peut fréquentée se fait doucement, les lands tanguent tels des dromadaires. Nous croisons des autochtones accompagnés d’ânes surchargés.

Doucement, nous reprenons la route pour le nord, profitant, là d’un lac, là d’une grillade de mouton, là d’un hammam, là d’un resto.

Il est temps de reprendre le bateau avec des souvenirs plein la tête.

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