Apprendre à naviguer…pourquoi ?

Apprendre à naviguer…pourquoi ?

Chaque conducteur d’automobile, de moto, voire de cycle s’est un jour trouvé confronté à un problème d’interprétation de la carte ou d’orientation.

Avec la découverte des nouveaux territoires, l’avènement des Rallyes-Raids et de toutes les aventures lointaines, les techniques de navigation maritime et aérienne se sont vues adaptées à l’application terrestre et les cartes modernes sont devenues de plus en plus précises et complètes.

La décennie 80 a vu l’émergence d’une nouvelle technique : la navigation assistée par satellites ou la navigation au GPS. La décennie 90 a vu l’explosion des solutions mettant en œuvre ces techniques et la prolifération des récepteurs destinés au grand public. Le début du nouveau millénaire verra naître de nouveaux systèmes de navigation basés sur l’exploitation de nouvelles constellations de satellites.

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Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui pensent que résoudre un problème d’orientation avec un récepteur GPS est à la portée de tous.

C’est vrai, mais à condition toutefois de savoir se servir d’une carte et d’une boussole, mais surtout de bien connaître le fonctionnement et les limites du GPS.

Voilà l’objet des communications qui vont suivre : savoir lire et interpréter la carte pour parvenir à comprendre et maîtriser le fonctionnement de votre GPS.

Vous comprendrez, également, pourquoi la cartographie demeure une science d’estimation basée sur des modèles mathématiques et qu’en toute circonstance il convient de moduler les informations que la carte nous fournit au travers des règles d’interprétation que nous découvrirons.

Mais avant tout, nous aurons étudié la relation de notre planète avec le système solaire et compris l’importance de l’astre majeur dans nos estimations et dans notre orientation.

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L’hypothèse d’une Terre ronde remonte à l’Antiquité. Le premier à avoir mesuré le rayon de la Terre est le mathématicien et astronome grec Eratosthène (v. 280-v.194 av. J.-C.). Eratosthène était l’auteur de mesures d’une précision remarquable puisqu’il a trouvé pour le méridien terrestre une longueur de 39 669 km, alors qu’en réalité il mesure 40 009 km environ selon les modèles les plus récents.

Plus tard, ce sont les travaux de Copernic (1473-1543), de Mercator (1512-1594, de son vrai nom: Gérard Kremer), de Galilée (1564-1642), qui ont fait évoluer cette science.

Isaac Newton (1642-1727) est le premier à avoir émis l’hypothèse d’une Terre légèrement aplatie aux pôles, cet aplatissement étant dû à la gravitation. Cette hypothèse a été confirmée par une « double » expédition commanditée en 1737 par l’Académie des Sciences; l’expédition Maupertuis en Laponie et l’expédition Godin, Bouguer et La Condamine au Pérou (actuellement l’Équateur).

Globalement, la planète n’est pas un globe; c’est un ELLIPSOÏDE

Les surfaces sur lesquelles le potentiel de pesanteur est constant sont appelées surfaces équipotentielles ou de niveau. Si on choisit l’une d’entre elles comme référence, on suppose que la surface de la Terre n’a pas de relief (toute la Terre est ramenée à un niveau unique), elle a alors la forme d’un ellipsoïde – c’est le modèle géodésique de la Terre, également nommé: Géoïde.

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Un ellipsoïde est une figure engendrée par une ellipse (une figure ovale) tournant autour d’un de ses axes. En l’occurrence, si l’on tourne une ellipse autour de l’axe passant par les deux pôles on obtient un ellipsoïde.

Cet ellipsoïde a fait l’objet de plusieurs mesures aux XIXe et XXe siècles. Ces mesures tentent de déterminer avec précision les dimensions exactes de l’ellipsoïde afin de pouvoir élaborer des cartes avec la plus grande précision possible. En général, l’ellipsoïde qui est à l’origine de l’élaboration d’une carte est mentionné dans la légende de la carte (ellipsoïde de Bessel 1841, de Clarke 1866 et 1880, d’Everest 1830, Hough 1956, etc.).

Plus récemment, et grâce aux mesures par satellites, on a pu faire plusieurs campagnes de mesures et élaborer ainsi plusieurs ellipsoïdes successifs (WGS 1960, 1966, 1972, 1984).

Il existe des centaines de ces modèles mathématiques qui tentent de résoudre la complexité de notre planète sous forme d’équations. Le GPS le plus anodin fait référence à ces modèles. Ainsi, le point GPS donné par un ami plein de bonnes intentions vous mènera à un tout autre endroit que celui recherché si votre GPS ne possède pas le même réglage que le GPS de l’ami en question.

C’est pourquoi, il convient de maîtriser ses techniques et expressions avant de faire confiance à son appareil et de s’engager dans un territoire inconnu. Mais un GPS n’est pas infaillible, comme tout dispositif électronique il peut arriver qu’il tombe en panne. Alors, à moins de disposer à bord d’un second voire d’un troisième appareil, cela peut vous mettre dans une situation délicate. C’est pourquoi, il convient aussi de maîtriser les techniques d’orientation traditionnelles avec carte, boussole et compas.

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Je me souviens d’avoir remis sur leur chemin un couple d’Allemands qui venaient d’arracher l’antenne extérieure de leur GPS en passant un peu trop près d’un des bosquets faméliques poussants ça et la dans grand désert du Kalahari. Il étaient consternés et cherchaient en tous sens cette antenne introuvable, que le sable avait probablement recouvert au moment de sa chute. Ces gens là avaient une totale confiance dans leur matériel, mais ne comprenaient pas grand chose des indications que leur donnait la carte. Leur situation n’était pas vraiment périlleuse, mais je pense, que ce jour là, il ont eu la chance de me trouver sur leur chemin. En l’absence de leur instrument préféré, qu’auraient-ils bien pu prendre comme décision ? Quelle piste auraient-ils choisi de suivre ? Vers quel destin ?

Alain Roualland

Notre prochain article : L’histoire de la cartographie.

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