Bochiman 4×4 raid en afrique

Bochiman 4×4 raid en afrique

RAID BOCHIMAN 2008

Dans un contexte ou, même le Dakar, déserte ( !) le continent africain pour cause d’instabilité et d’insécurité, nombreux sont les baroudeurs et autres aventuriers quatquatreux à s’interroger sur les terres d’accueil ou ils pourront assouvir leur passion, tout en limitant le risque de prendre une roquette ou un kamikaze, sur le coin de leur nez d’infidèle.

En bref, les territoires où il fait bon rouler sur l’immensité de l’horizon et se livrer sans réserve à l’ivresse des grands espaces dans la plus totale liberté et dans une relative sécurité, se réduisent comme peau de chagrin. Bien sûr, il existe, en Europe du sud et de l’est, des terrains à l’accueil chaleureux et aux décors magnifiques. Cependant, pour ma part, je trouve qu’il y manque quelques composantes essentielles comme la chaleur, le soleil et surtout le sable, annonciateur d’immensité, de désertitude (merci, Ségolène) d’horizons infinis, en un mot, de liberté.

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Alors, après avoir parcouru en tous sens le nord du continent africain et, partout, avoir ressenti cette pression, cette sourde menace terroriste, à travers des mesures de circulation de plus en plus restrictives, des contrôles de plus en plus pesants, voire parfois menaçants, des bulletins alarmistes annonçant tantôt des attentats, des enlèvements ou autres prises d’otages, j’ai décidé de porter mes pas ailleurs, plus au sud et, soyons précis, franchement au sud du continent Africain.

Oh, cette position, n’est pas récente. Car c’est dès 1995, que j’ai découvert ces terres sauvages et chaleureuses à la fois, ou chaque instant est l’instant d’un évènement, d’une rencontre avec des gens fiers mais souriants, pauvres mais accueillants, ou avec cette faune sauvage que j’ai appris à aborder avec bonheur.

Alors, après une longue période d’activité fébrile, qui m’a éloigné de ce que j’appelle « mon paradis », j’ai décidé de renouer avec l’authenticité de l’Afrique et de me ressourcer dans ce qui est devenu « mon Kalahari et mon Okavango » : au Botswana.

Le Botswana est un pays peu connu et pourtant c’est sûrement un des pays référence sur le continent africain. D’une superficie de 581 730 km² (un peu plus que la France), le Botswana ne possède que 1,6 million d’habitants. L’ancien Bechuanaland, cet ex- protectorat britannique, a conquis pacifiquement son indépendance en 1966. Il bénéficie depuis lors d’un régime démocratique et d’un système sanitaire, éducatif et social sans aucun autre équivalent sur le continent. Ici ; la corruption n’existe pas et, malgré la pauvreté de la plupart des gens – nous sommes tout de même en Afrique – on ne rencontre pas la mendicité et le commerce s’opère dans un contexte exempt de cette duplicité malsaine du nord. Le Botswana attire surtout les voyageurs amoureux de ses grands espaces de désert et de savanes et, pour qui, la beauté des étendues désertiques, la richesse inouïe de la faune, de la flore et des traditions locales sont des valeurs essentielles à la réussite d’un beau et inoubliable voyage.

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Allez, je vous emmène… Récit :

Quand la porte de l’avion de la Botswana Airlines, qui nous a amené depuis Johannesburg, s’ouvre, toute l’atmosphère propre au sud Africain s’engouffre et nous absorbe d’un coup. La senteur du bush faite d’effluves d’herbes sèches, d’acacias, d’eucalyptus et de fine latérite nous enveloppe et, réveillant nos chromosomes de voyageurs, nous incite à partir à la découverte des grands espaces que nous venons de survoler. La température est assez élevée, car en novembre c’est la fin du printemps et le début de la saison des pluies. Cependant, il fait bien sec, rappelons nous que nous sommes aux portes du grand désert de Kalahari. L’air contient peu d’humidité et demeure très agréable.

Dans la toujours surprenante mais traditionnelle indolence Africaine, nous expédions les formalités administratives et prenons possession de nos compagnons de piste : des Toyota Hi-Lux D4D de dernière génération. D4D ? Donc diesel ! C’est bien la première fois que je me trouve à conduire un diesel dans ce pays. J’ai un affreux doute quant au ravitaillement, mais le responsable de l’agence de location me rassure : il y a du diesel partout maintenant et avec les deux réservoirs dont sont équipés les voitures, l’autonomie annoncée (et vérifiée plus tard) est de plus de 1000 kilomètres en conditions difficiles. Il y a encore 3 ans, les mêmes Hi-lux équipés du moteur 2.7l essence et des deux mêmes réservoirs ne pouvait guère envisager des étapes dans le sable de plus de 750 kilomètres. C’est donc une bonne nouvelle que nous accueillons avec joie, et, tandis que l’appel de l’aventure nous presse, nous effectuons rapidement les achats de vivres et d’eau nécessaires aux premiers bivouacs et nous mettons le cap au 300 : direction le grand, le beau, le magnifique, le merveilleux Kalahari.

Destination : Kalahari.

Mais d’abord, il faut s’éloigner de la capitale et pour ça nous entamons une liaison routière de 400 km qui nous mène au premier bivouac. Puis, une jolie piste plein nord, large et sableuse, qui nous mène au portes du Kgalagadi Transfrontier Park et plus précisément à celles de la réserve de Mabuasehube, ou les choses sérieuses vont enfin commencer.

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Sur la piste, nous avons déjà rencontré nombre d’animaux, notamment des autruches dont la spécialité est de courir devant la voiture. 60 km/h, tout de même (sans forcer) et elles tiennent ça pendant plusieurs minute. Et ce caracal (un gros chat sauvage, sorte de lynx) que nous n’avons pas vu, mais qui a animé notre premier bivouac tant il était mécontent de nous trouver installés sur son territoire. Camouflé dans les hautes herbes alentour, il nous a gratifiés de miaulements XXL entrecoupés de feulements plus agressifs. Tout son répertoire y est passé jusqu‘à l’extinction des feux. Nous avons également rencontré de drôles de petits phénomènes qui nous observaient. Dressés sur leurs pattes arrière, scrutant l’horizon et guettant le moindre danger, à la façon des marmottes ou des chiens de prairie. En un instant, ils disparaissent dans le terrier familial à la plus petite présomption de menace. Souvent présentés comme le symbole du Kalahari, ce sont les suricates, une variété de mangouste. Ces animaux familiers et joueurs, leur première peur passée, viennent vite à notre rencontre, toujours prêts à récolter quelques gâteries.

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Peu connue, en raison de son éloignement des itinéraires classiques, la réserve de Mabuasehube contient une jolie densité de Gemsboks (ou Oryx, une antilope aux belles cornes droites et effilées), de springboks (de jolies et fines gazelles) et, compte tenu de la richesse du garde manger, une forte population de carnassiers. Fort de mes expériences passées, j’ai conseillé de dormir à l’intérieur des voitures, malgré l’inconfort que chacun ressent par avance : c’est tout de même plus sûr que la tente ! Cependant, quand, au beau milieu du dîner nous entendons les fauves rugir à quelques mètres du campement, la discussion sur ce sujet est close et chacun se hâte vers le confort spartiate de son siège. Décision encore plus indiscutable quand au milieu de la nuit nous entendrons les lions gronder en déambulant dans le campement à la recherche de quelque bonne fortune.

Toujours au cap 360 ; nous nous dirigeons vers le delta de l’Okavango ou nous avons prévu de passer quelques temps afin de pouvoir en faire le tour complet. Au passage, baptême pour ceux dont c’est la première rencontre avec le tropique du capricorne.


Okavango, le dernier Éden.

Le fleuve Okavango est méconnu, la vedette lui ayant été volée par le delta du même nom qui en est la terminaison naturelle, et pourtant c’est, en importance, le troisième cours d’eau du sud Africain. Mais, le delta de l’Okavango reste un lieu légendaire entre tous, il est souvent décrit comme le dernier éden animalier de la planète. Constitué de milliers d’îles, de lagons et de canaux, il occupe 15 000 km² des sables du Kalahari. Inutile de compter s’aventurer seul dans ce labyrinthe liquide, ou, malgré les GPS, il est très difficile de tracer sa route. Ici, le plus court chemin d’un point à un autre n’est certainement pas la ligne droite. La hauteur des eaux influe énormément sur le tracé des pistes, et il faut parfois faire un détour de plusieurs dizaines de kilomètres simplement pour accéder à l’autre rive d’un bras qui barre le chemin. Alors, c’est à bord de mokoros, petites pirogues faites d’un tronc d’arbre évidé, et accompagnés d’un guide, que nous nous enfonçons plus profondément dans ce paradis de marécages. La population animale y est considérable, les hippopotames et les crocodiles y pullulent et disputent l’espace aquatique aux éléphants, zèbres, antilopes, girafes, phacochères et autres animaux carnassiers. Des oiseaux de mille variétés et de nombreuses espèces purement aquatiques composent le reste de cette faune privilégiée, qui trouve eau et nourriture à satiété dans un domaine où la présence de l’homme ne se fait sentir que sur les franges extérieures. De canal en lagon, les hommes des tribus qui se sont spécialisées dans cette vie de pêche et d’eau, circulent sans jamais s’égarer. Leurs embarcations glissent silencieusement au cœur de ce décor féerique où les teintes saturées sont amplifiées par leurs reflets et où les formes se dédoublent comme si la nature voulait inverser le ciel et la terre.

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Les montagnes sacrées.

La piste qui mène aux Tsodilo Hills, les montagnes sacrées des Bochimans, se faufile dans le bush (la savane sud-africaine) entre les mopanes et les acacias. Elle n’est pas facile, toute de grosse tôle ondulée au fond des méga ornières creusées par les camions. Il est inutile de vouloir déjauger les autos, trop défoncée, étroite et sinueuse, c’est la sortie de piste assurée et comme elle est bordée d’arbustes… le loueur ne serait pas content. Alors, il faut prendre son mal en patience et enrouler tranquillement sur les courtes.

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J’ai découvert ce site il y a déjà une quinzaine d’années et, à cette époque, l’endroit était on ne peut plus sauvage. Aujourd’hui, le Botswana a pris conscience de la richesse exceptionnelle de son patrimoine culturel et tend à vouloir régulariser la pression touristique (hélas, oui ! ici aussi le tourisme se développe, notamment depuis la RSA). Cependant, en arrivant, passé le portique d’entrée, nous ressentons toujours cette ambiance si particulière : pesante, presque solennelle, comme dans un lieu saint, comme si nous étions l’objet d’une divine surveillance. Il faut dire que l’endroit est magique. Les trois collines qui, dans l’esprit des bochimans primitifs, symbolisaient le mâle, la femelle et l’enfant, jaillissent brutalement au milieu du bush. Les roches déchirées sont couvertes de milliers de peintures rupestres primitives. Au couchant, elles se parent de reflets rosés et, à la nuit tombée, restituent une douce chaleur. Mais cette nuit la, une véritable tempête nous consigne au plus profond de nos tentes. A l’extérieur, le vent mugit en s’engouffrant entre les roches et dans les anfractuosités, les branches qui nous surplombent craquent et gémissent sous la poussée des éléments. Des rafales plus appuyées couchent au sol nos tentes qui n’ont pas été haubanées, tandis que le sable y pénètre par tous les interstices. Pourquoi cette colère subite ? Peut-être avions nous déplu aux dieux du bush ? Heureusement, les éléments se contenteront de cette démonstration de puissance et le lendemain matin, les cieux apaisés, nous pouvons entreprendre la visite détaillée du site, via un des parcours pédestres proposés.

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Après quoi, je souhaitais rendre visite à Xau, un vieil ami bochiman, chef d’un village San des plus traditionnels, situé à quelques km des Tsodilo Hills. . Hélas, nous ne retrouverons du village que quelques squelettes de huttes décharnés. Le vieux chef est mort et le village a été abandonné et reconstruit à quelque distance. Mais, au passage, il a perdu cette âme qui l’habitait autrefois et que j’aimais tant. Là aussi, on sent l’avancée inexorable de la modernité et les ravages qu’elle opère, parfois, auprès des populations archaïques et si démunies. Les races se fondent et les purs Sans (sans jeu de mots) se font déjà plus rares. Néanmoins, il subsiste quelques représentants de cette race dont des généticiens ont établi la parenté avec toutes les autres races humaines, élaborant une théorie selon laquelle les Sans serait la race humaine qui a donné naissance à toutes les autres. Une sorte de maillon ancestral de la chaîne de l’évolution de l’humanité. La physionomie des Sans est vraiment typique : de petite taille – environ 1 m 50 – le San est svelte et pèse moins de 50 kilos. La peau est assez claire et les traits fins avec des pommettes bien marquées et des yeux qui pétillent toujours de malice forment un visage jovial. Leur langage est vraiment particulier et utilise des sonorités typiques telles ces cliquetis ou claquements de la langue. Les lecteurs qui ont vu le film de Jamie Huis « Les Dieux sont tombés sur la tête » se souviendront de la physionomie des acteurs.

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Nous avons décidé de faire le tour du delta de l’Okavango, aussi nous continuons notre remontée au nord – il fait de plus en plus chaud, car nous sommes sur le 18ème parallèle – et nous atteignons les confins du pays à quelques km de la frontière avec la Namibie.

Malheureusement, la dernière station est à sec et ne peut nous servir de carburant. N’ayant pas encore pu juger réellement de l’autonomie des voitures et sachant qu’il y a 850 km de piste avant la station suivante, nous décidons de redescendre 125 km pour ravitailler à la station précédente. 250 km aller et retour, mais ça vaut mieux que la panne sèche au milieu de nulle part. Par précaution, chacun emportera 25 litres dans un bidon, pour compléter au cas où…

De retour à Mohembo, nous nous dirigeons vers le « Ferry » qui permet de traverser le fleuve Okavango. Un ferry ? Disons plutôt un bac, embarcation pouvant emporter 3 voitures au maximum et mue par deux moteurs hors-bord., Cette ligne est gratuite et, cependant, fonctionne parfaitement, sans attente. Elle permet de traverser le fleuve en 10 mn.

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Sur la rive nord-est du fleuve d’abord, puis du delta ensuite, le décor change du tout au tout. Ici, point de tourisme, car les pistes qui terminent cet itinéraire sont techniques, sableuses et creusées de profondes ornières, aucun opérateur de voyage ne s’y aventure. Nous mettrons une dizaine d’heures pour parcourir les 300 km qui nous mènent à l’entrée de la réserve de Moremi, la plus au contact du delta de l’Okavango. Il faudra compter avec une dizaine d’ensablements. Les autos sont un peu justes en garde au sol et, roues indépendantes obligent, raclent souvent le monticule central entre les ornières. Comme on peut rarement sortir des traces – toujours ces arbustes qui longent la piste – il faut lancer la cavalerie pour passer sur l’élan. Bon, ce n’est pas ce qu’on aime faire, mais là, nous n’avons pas le choix. Il faudrait avoir des pneus en 235-85X16 au lieu des 205-80X16 d’origine. En revanche nous sommes dans un environnement sableux à très sableux, donc ce n’est pas trop cassant quand même. Les ensablements sont aussi l’occasion de recevoir des visites. Tandis que nous pelletons, des girafes viennent voir ces drôles de choses qui s’agitent en tous sens. Plus loin, un magnifique serval, vraiment un bel animal, encore un gros chat sauvage de 50 cm au garrot. Et tout au long, au hasard des rencontres, antilopes et éléphants nous tiendront compagnie.

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Moremi : le monde de l’Okavango.

La réserve de Moremi à pour particularité de faire partie intégrante du delta de l’Okavango. En 2008, Moremi a été classée à la première place des parcs africains pour l’extraordinaire richesse de sa faune.

La circulation en voiture y est assez aléatoire. Inutile de prévoir un itinéraire, le niveau des eaux intervenant directement sur la disponibilité du réseau. Ici, il faut se méfier des gués. Toute exploration, préalable à une traversée, est à proscrire à cause des crocodiles. Il faut donc se référer à son jugé et faire en sorte de toujours garder une voiture au sec au cas où… En général, les pistes principales sont assez stables et restent praticables mais, déjà, elles suffisent à aller au contact d’une faune nombreuse et variée. A Moremi, c’est toute la longue liste des variétés animales que l’on peut rencontrer.

Visiter Moremi, c’est partir pour une boucle de 150 km, qui s’effectue à vitesse très réduite et qui est entrecoupée de nombreuses haltes ou l’on peut observer les animaux dans leur contexte habituel. Approcher les animaux en voiture est relativement aisé et j’ai rarement vu des attitudes agressives. Cependant, il faut toujours garder à l’esprit que l’animal reste un individu et qu’en tant que tel, les réactions peuvent varier d’un individu à l’autre. Par exemple, lors de la traversée de Moremi, nous avons côtoyé pendant plus d’une heure un troupeau d’éléphants de plusieurs centaines de têtes, une seule bête a manifesté de l’agressivité par un simulacre de charge – habituellement, l’éléphant opère toujours par des simulacres de charges avant de vraiment toucher. Cet éléphant, assez jeune au demeurant, a simplement été surpris de nous découvrir à la sortie d’un virage…

Savuti : le territoire des pachydermes.

Après Moremi, nous nous sommes dirigés vers le Chobe national park, et pour commencer le secteur de Savuti. A la base, il s’agit d’une zone marécageuse alimentée par la rivière Khwaï. En 2008, le pont du village de Mababe – non, ce n’est pas celui du film, la rivière non plus d’ailleurs – était démoli et, d’après les locaux, le gué infranchissable. Nous sommes donc partis à la recherche d’un passage entre rivière et marécages. Un grand moment de bonheur au milieu d’une faune aussi riche et variée qu’à Moremi mais dans un contexte réellement sauvage ou nous évoluions en hors piste. Je ne connaissais pas ce passage, mais je le referai, mon GPS en a bien gardé la trace.

A Savuti, c’est le royaume des éléphants. D’ailleurs dès qu’on approche de ce secteur, la dégradation de la végétation, démontre, s’il en est besoin, l’énorme prédation végétale dont les éléphants sont à l’origine. Les arbres sont presque tous étêtés – les éléphants préfèrent les feuilles tendres du sommet – les arbustes arrachés et, il n’est pas rare de devoir contourner un arbre entier abandonné là par les pachydermes. Pas étonnant, qu’il existe une rivalité ancestrale entre les agriculteurs et les éléphants. Ces derniers n’hésitant pas à couvrir de longues distances pour trouver de nouvelles ressources alimentaires, et dans ce cas, les champs cultivés sont leur providence.
Le parc de Chobe est connu pour recenser plus de 70.000 têtes.

Le bivouac dans Savuti est un grand moment. Dès que le feu du campement est éteint, les visites commencent. Sans parler des oiseaux et des rongeurs, ce sont d’abord les hyènes qui viennent finir les restes et inspectent le campement. Ensuite ce sont les lions, souvent les jeunes, qui leur disputent la place et souvent s’installent pour flemmarder un peu. Ainsi, Sébastien qui dormait sous sa tente, a-t-il eu de la compagnie une partie de la nuit, appuyé sur lui, seulement séparé par la mince paroi de tissu. Françoise et Clément n’avaient monté que la première tente, vous savez celle qui est juste en toile de moustiquaire. Alors, Françoise a eu la frayeur de sa vie quand la hyène, qu’elle voyait bien, forcément, est venue sentir ses pieds qui touchaient la paroi… Non, non t’inquiète pas patron ; la hyène pas manger l’homme ! Les éléphants viennent aussi pour voir ce drôle de truc qu’est un campement, ou parce que c’est près de leur passage habituel. Pour éviter tout problème avec eux, il faut laisser tous les produits alimentaires dans les voitures et n’en garder aucun sous la tente. Même les cosmétiques doivent être bannis de la tente, car un de ces bestiaux attiré par une odeur appétissante, n’aura cure de mettre le campement à sac pour trouver son bonheur.
Oh, oui ! Un grand moment, ce bivouac.


La Chobe River.

Au nord du Chobe national park, se trouve la rivière Linyanti qui se transforme et devient la rivière Chobe. Elle forme la frontière naturelle entre le Botswana au sud et la Namibie au nord. C’est encore une zone incroyablement peuplée d’animaux que l’on visitera de deux façons. La manière terrestre d’abord, en route vers Kasane ou nous emprunterons les pistes les plus proches de l’eau, en devant parfois, se frayer un passage au milieu des centaines d’éléphants qui se trouvaient là ce jour là. Ensuite, nous utiliserons un bateau pour aller à la rencontre des animaux depuis l’élément liquide. Une manière différente qui permet une approche plus facile de certaines espèces : hippopotames et crocodiles en tête.

Kasane :

Kasane, est une des grandes villes du Botswana, avec près de 10.000 habitants… Située près des « Quatre Coins » d’Afrique, le seul point géographique au monde, où quatre pays se rencontrent: le Botswana, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe. A Kasane, j’aime à fréquenter un lodge construit au bord de la Chobe river, juste avant son confluent avec le Zambèze. Cette année, en raison de la période, nous avons eu la chance d’être accueillis par un décor majestueux ou les flamboyants, les jacarandas et les frangipaniers, véritables bouquets de 15 à 20 Mètres de haut, déchiraient la verdure de leurs teintes éclatantes.

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Sur les traces de Livingstone.

Quand on est à Kasane, à deux pas du Zimbabwe, on n’a pas le droit de rater la visite des Victoria Falls.
Cependant, l’administration du Zimbabwe est tellement tatillonne, chère et compliquée que nous avons renoncé à y aller avec nos voitures, les délaissant l’espace d’une journée, au profit du minibus d’un voyagiste local afin de retrouver là les traces du grand Livingstone. Les Victoria Falls, révélées au monde par le célèbre explorateur écossais en 1855 sont longues de 1 700 mètres et hautes de 107. Situées à cheval sur les territoires du Zimbabwe et de la Zambie, les chutes du Zambèze sont considérées comme les premières au monde. Dans la végétation luxuriante qui les entoure, la visite est un véritable régal, où reviendront les vieux clichés: explorateurs en tenue coloniale, machettes, porteurs, serpents, fauves… Dans une humidité extrême, assurée par la pulvérisation de fines gouttelettes, nous admirons le spectacle hallucinant des 700 000 mètres cubes d’eau projetés chaque minute du haut des falaises abruptes.

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Les Pans.

L ‘étape suivant nous amène dans la région des Makgadikgadi pans. Cette région est constituée d’immenses lacs salés et généralement asséchés, dont la superficie totale atteint 20.000 km2, soit les 2/3 de celle de la Belgique. Vieux de cinq millions d’années, ils seraient le point de départ sud de la vallée du Rift. A la saison des pluies, l’eau y stagne quelquefois et il est impossible de s’y aventurer au risque de voir son véhicule disparaître à jamais, absorbé par les boues qui subsistent sous la fine croûte de sel. En saison hivernale, la saison sèche ici, j’ai pu traverser plusieurs fois les pans avec délectation. Rouler sur cette couche uniformément plate est un vrai régal. Cependant, cette année nous avons du renoncer car les pans étaient en eau. Nous avons d’ailleurs essuyé le seul orage que nous ayons jamais eu à subir, justement quand nous nous étions un peu avancés sur un de ces lacs à la rencontre des milliers d’oiseaux qui y font étape pendant leur migration. Sous l’orage, la surface du pan s’est vite transformée en boue spongieuse. Tandis que les traces de nos pneus devenaient de plus en plus profondes, nous avons du nous précipiter vers la terre ferme en louvoyant à la recherche des zones franches et encore solides. Situation angoissante s’il en est, quand on sait être sur une zone à risque et qu’on se fait surprendre par ce que l’on redoute le plus. Les essuie-glaces n’en pouvant plus, la visibilité étant quasi nulle, les trajectoires des autos devenant de plus en plus hasardeuses, le retour sur la terre ferme sans dommage nous fût un grand soulagement.

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De retour à Gaborone, les véhicules restitués, la nostalgie du retour aidant, notre cœur était encore là-bas, aux confins du Kalahari, là où les montagnes s’érigent en famille, près de ces petits hommes qui vivent encore comme vivaient nos ancêtres à tous, il y a des milliers d’années. Malgré qu’à chaque nouvelle rencontre, notre modernité les perturbe durement et ébranle les fondements de leur culture. Mais, s’ils détenaient la vérité ? Si la sagesse était leur simplicité ? Si leur dénuement renforçait les valeurs essentielles de l’homme et de l’humanité ? Devrions-nous encore les détourner de leurs racines en les encombrant de notre attention et des surplus de notre civilisation qui les dirige vers un monde de propriété qui ne leur convient pas ?

Alain ROUALLAND

FICHE TECHNIQUE

Les véhicules :

Les excellents TOYOTA HI-LUX 4X4 double cabine sont loués à Gaborone. Ils sont récents et dotés de la climatisation. Équipés de double réservoirs, les voitures nous ont démontré leur capacité à couvrir 1000 km sans ravitaillement. Le Hi-Lux se permet des pointes à 160 km/h sur route (il n’y en a pas beaucoup) en toute sécurité. Le freinage est satisfaisant et la tenue de route très rassurante. Les autos dans leur ensemble ont prouvé une nouvelle fois la fiabilité sans faille du constructeur Japonais avec un zéro panne et un zéro emm…….. Seule ombre au tableau, la monte pneumatique un peu juste dans les ornières profondes. Mais nous sommes toujours passés !

Raid BOCHIMAN :

A mi-chemin entre voyage touristique autonome, aventure sportive et balade familiale, le raid Bochiman est ouvert à tous, à partir de 6 ans. Une bonne condition physique est malgré tout nécessaire, compte tenu des conditions parfois spartiates et des températures tropicales qui, même en juillet/août – période hivernale – atteignent parfois 35°.

Les différentes éditions prennent place chaque année en Juillet et/ou en Août et, sur demande, entre avril et octobre.
Pour recevoir, dès sa parution, le programme et le règlement complet du raid, envoyez simplement vos noms et adresse par email à : contact@web2e.fr ou inscrivez vous sur le site web : www.web2e.fr/raids

Coûts.
L’édition Delta Okavango, du raid Bochiman, est à moins de 3500 €uros par personne. Évidemment, ça peut ne pas paraitre bon marché, mais eu égard au trajet avion aller/retour, à la location du véhicule en kilométrage illimité et aux excellentes prestation d’hébergement (il y a une nuit en hôtel ou en lodge prévue tous les trois ou quatre jours) c’est très raisonnable. Il faut d’ailleurs comparer ces coûts, avec les coûts engendrés par un raid parcouru avec son propre véhicule : préparation, remise en état, usure, pneumatiques, amortisseurs, etc…

La République du Botswana

Capitale : Gaborone

Superficie : 581 730 km² (environ celle de la France)

Population : 1,63 million d’habitants

Peuples et ethnies : Tswana (60%), Kalanga, San, Mbukushu, Yei, Herero

Langues : anglais, setswana, sekalanga

Religions : Animistes (50%), chrétiens (50%)

Institutions politiques : démocratie constitutionnelle avec une Assemblée nationale et une Assemblée des chefs traditionnels.

Président : Festus Gontebanye Mogae

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Journal du 4magazine 4x4 & SUV

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