DAKAR 2010 : DESPRES RAFLE LA MISE, « PETER » HAUSSE LE TON ET PREND LA TETE 04/01/2010

DAKAR 2010 : DESPRES RAFLE LA MISE, « PETER » HAUSSE LE TON ET PREND LA TETE 04/01/2010

DAKAR 2010 : DESPRES RAFLE LA MISE, « PETER » HAUSSE LE TON ET PREND LA TETE
04/01/2010

Pour cette troisième étape séparant La Rioja de Fiambala et comportant 182 km de spéciale pour une distance totale de 441 km, Etienne Lavigne, le patron du Dakar avait prévenu qu’il s’agissait du premier vrai test du parcours 2010.

Ce lundi donc, changement radical des conditions de course, en passant de la terre … au sable. De quoi rappeler de bons vieux souvenirs … Africains à certains !

Qu’on en juge : Des dunes, du hors-piste, des vents de sable, la parfaite panoplie du Dakar des origines, le tout sur des … pistes pourtant Argentines !

Et comme le prévoyait Etienne Lavigne, le parcours a été propice aux … bouleversements !!!

Cette troisième journée, dans la catégorie motos a surtout été marquée par les problèmes mécaniques rencontrés par le vainqueur sortant l’Espagnol, Marc Coma et également par le lauréat de la veille, David Frétigné ainsi que par l’abandon du Catalan, Viladoms, le ‘’ porteur d’eau ‘’ de son leader, Coma.

Dakar_Marc-Coma.jpg

Lequel après sa très lourde pénalisation de la veille à donc de nouveau connu une journée noire sur ce Dakar 2010, qui démarre franchement mal, très mal pour lui !

Le héros du jour après Casteu et Frétigné se nomme… Cyril Despres, victorieux à Fiambala et nouveau leader du classement général provisoire. Il possède désormais ce lundi soir, 10’03’’ d’avance sur l’ancien leader, David Casteu. Il raconte :

« Sur le papier la journée d’aujourd’hui semblait assez commune, une longue liaison et une spéciale assez courte. Finalement les choses se sont compliquées, avec de hautes températures et un sable extrêmement mou, très éprouvant pour les hommes et les machines. Dans de telles conditions il faut prendre toutes les précautions possibles. J’ai vu David Casteu et Marc Coma très tôt dans la spéciale, sur une grosse montée. J’ai été tenté de les suivre, mais j’ai finalement décidé de prendre soin de ma moto et de ne pas la faire trop chauffer. Ma tactique a finalement payé et ce soir je suis en tête du classement général. C’est une bonne situation mais je ne veux pas baisser la garde. Les prochaines journées seront aussi compliquées et dans ces conditions vous pouvez très vite redescendre dans le classement! »

En autos, Stéphane Peterhansel remporte lui sa … 52ème victoire en spéciale sur le Dakar ! La 19ème sur quatre roues.

Impressionnant… Et respect

Enfin, en camions, sans surprise, Vladimir Chagin gagne une troisième étape consécutive ! Pour le Russe du Team Kamaz, il s’agit de la… 50ème de sa carrière…

Sans commentaires !!! Respect aussi

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Les premières dunes de ce Dakar 2010 ont donné à Cyril Despres, l’opportunité de prendre les commandes du Rallye, sur l’étape menant à Fiambala.

Avant même de quitter l’Argentine, sur une étape relativement courte, les leaders de la course ont été confrontés aux aléas du sable. Sur 182 kilomètres, le Français a en effet creusé un écart de 10’40’’ sur Helder Rodrigues, surprenant second de la spéciale au menu du jour.

Le pilote Portugais se repositionne ainsi comme un candidat légitime au Top 5, spécialement au rythme auquel peuvent se produire les contretemps.

DAKAR_Aprila_Chaleco_Fimbala_1.jpg

Après les problèmes d’essence de « Chaleco », le ‘’ vrai faux ‘’ abandon du Hollandais, Frans Verhoeven, qui a finalement repris place dans la course après plusieurs heures passées à changer son moteur, c’était aujourd’hui au tour de Marc Coma, tenant du titre, et de David Casteu, premier leader de la course, de connaître à leur tour des déboires…

Le tenant du titre s’est en effet débattu avec sa machine. Il a certes commencé par signer le meilleur temps au CP1 (km 74), mais la progression vers la ligne d’arrivée a ensuite franchement tourné au calvaire.

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Ses multiples arrêts pour calmer un moteur qui « ratatouille » lui ont coûté au final à l’arrivée … 21 minutes de retard supplémentaires par rapport à Despres, nouveau leader du classement général.

Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, Coma a également perdu on l’a déjà mentionné, son ‘’porteur d’eau’’ de luxe sur cette 3ème étape.

Jordi Viladoms, qui fêtait ses 30 ans aujourd’hui, a lourdement chuté sur la spéciale. Transporté par hélicoptère au bivouac pour y recevoir des soins, le Catalan quitte la course sur … un troisième abandon en quatre participations !

Dur, dur…

Quant à David Casteu, victorieux de la première étape, il a lui aussi été contraint à des ralentissements. Pour ménager le moteur de sa Sherco, d’abord. Puis pour prêter main forte à son rival et néanmoins ami Marc Coma. On savait que David possédait un formidable esprit…

On en a eu la confirmation sur la piste.

Cruel, une défaillance de batterie l’a ensuite alors temporairement hélas empêché de redémarrer !

« Nous avions un très bon rythme mais Marc s’est arrêté car il avait un problème de moteur… J’ai stoppé pour voir ce qu’il avait et sa moto est repartie… Despres nous a passés sans même nous regarder. Plus loin, Marc s’est à nouveau arrêté. J’ai coupé le contact de ma moto pour l’aider et j’ai oublié de débrancher le ventilateur forcé… Ça a vidé la batterie. J’ai alors sorti mes pinces et je me suis branché sur la batterie de Marc. Ensuite, j’ai prié pour ne pas caller. Dans l’aventure, je perds plus de cinq minutes mais je ne regrette rien, pour moi, le Rallye Raid, c’est cet état d’esprit ! »

David Frétigné, également en difficulté sur la deuxième partie de l’étape, fait partie des prétendants qui rétrogradent. Au terme de l’étape de Fiambala, son retard sur Despres se compte incroyablement ce lundi soir, déjà en heures !

Heureux dimanche soir après son succès à La Rioja, le pilote Yamaha, a viré au désespoir, vingt quatre heures plus tard !!!

Parvenu à Fiambala, les motards racontaient leur journée respective.

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A l’arrivée, Cyril Despres expliquait son étape :

« C’est une de ces étapes où tu pars le matin et tu te dis, « bon 180 kms, ça va être facile. On va bientôt être au bivouac. » Et bon voilà, on a vécu 3 heures de moto à se bagarrer. Une vraie étape africaine : dure physiquement avec de la chaleur, des dunes très molles et un peu de gestion mécanique. La moto a un peu souffert dans la première partie et donc j’ai dû gérer le moteur. J’ai essayé de rouler cool lors des 80 derniers kilomètres. Mais il y a eu du sport là… J’ai vu Marc Coma arrêté, je me suis arrêté à ses cotés. J’ai fait attention que ma moto ne cale pas par peur de ne pas pouvoir redémarrer. Vraiment une journée compliquée ».

Quant au pauvre Marc Coma, seulement huitième de la spéciale et qui se retrouve rigoureusement à la même place ce lundi soir au général provisoire, lui il détaillait ses galére :

«C’est bien dommage. C’est une journée délicate pour nous. On dirait que la chance n’est pas avec nous. D’abord la pénalisation hier dimanche et aujourd’hui une étape compliquée. Au niveau de la navigation tout allait pourtant bien. Et j’avais de bonnes sensations. Mais à partir du kilomètre 30, ma moto a commencé à avoir des problèmes. Je me suis arrêté au kilomètre 100 pour laisser refroidir le moteur. Et ainsi de suite 3 ou 4 fois. Mais, bon, ce qui est important, c’est d’être à l’arrivée. Il faut toujours voir le côté positif des choses. David Casteu a voulu s’arrêter une première fois pour m’assister. Je lui ai dit de repartir. La deuxième fois il s’est vraiment arrêté mais il ne pouvait plus repartir à cause de problèmes électriques sur sa Sherco. Et c’est moi qui l’ai aidé. C’est normal, je lui avais fait perdre du temps. Et puis David, c’est un grand pilote. Maintenant, la nuit sera longue car il faut absolument déterminer l’origine du problème et aussi et surtout parvenir à le solutionner.»

David Casteu, concluait :

*«J’ai fait une bonne chute dans les dunes. Je roulais derrière Marc, qui a chuté . J’ai un peu rigolé, et cinq mètres après j’ai fait la même ! Alors il s’est moqué de moi. Ensuite il m’a bien aidé, car quand je me suis arrêté pour l’aider, je n’arrivais plus à redémarrer à cause de la batterie. Heureusement, j’avais des pinces, et j’ai pu relancer ma batterie avec sa moto. Je regarde les témoins de température, et je vois qu’elle est montée à plus de 100 degrés. Dans la grande montée de dunes, j’observais et je me suis dit « oh la pauvre, si elle ne casse pas là elle tiendra tout le rallye. » Je ne suis pas là pour remporter la course, mais pour remporter la catégorie 450cc et essayer de faire de bons coups. Il est vrai que je fais de belles étapes depuis le début, et encore aujourd’hui. J’ai rattrapé Frétigné au départ puis je l’ai dépassé, il n’a pas pu suivre. Marc est arrivé et nous avons suivi un rythme très important dans les dunes. J’ai réussi à l’accompagner, et je suis content de l’avoir fait avec ma 450cc.»

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En autos, le contact avec le sable a aussi été difficile à établir pour quelques uns des favoris. Pas pour Stéphane Peterhansel, qui a avalé goulument les dunes au programme. Parti en 6ème position, le triple vainqueur autos a dépassé un à un et sans ménagement tous ses rivaux, dont les bouillants Carlos Sainz et Nasser Al Attiyah.

A l’arrivée de la spéciale, le festival de « Peter » se paye en minutes.

Qu’on en juge :

Sainz pointe à 5’44’’ sur le parcours du jour. Et au général, le nouveau patron de la course possède 4’33’’ d’avance sur l’Espagnol. Pour la nouvelle recrue du Team BMW X-Raid, qui n’avait plus connu l’émotion d’une victoire d’étape depuis l’édition 2006, il s’agit d’un premier pas vers l’objectif d’un dixième titre sur le Dakar.

Stéphane Peterhansel, satisfait de cette spéciale savourait :

« On a fait une bonne journée. On est parti sixièmes et on arrive premiers. Une journée pas facile avec une spéciale courte en kilométrage. Il y avait des dunes molles, du hors-piste assez compliqué, des grosses herbes à chameau puis une grande montée sablonneuse où on a eu du mal à monter même avec la puissance des voitures officielles. C’est vrai que l’on ne dégonfle pas car on passe avec une autre pression. Bref, c’était copieux. On a vu aussi beaucoup de motards arrêtés. La différence aujourd’hui se fait dès le départ car certains pilotes se sont perdus et que nous on a pris une bonne option de navigation. Ensuite on est resté à l’attaque sans relâcher. Pour l’instant les victoires d’étape ne m’intéressent pas. Ce qui m’intéresse c’est une victoire au général. Là, aujourd’hui, c’est une pierre à l’édifice. Et on verra par la suite.»

Dakar_Peterhansel_Portrait_BMW.jpg

Pour sa part, le grand malchanceux de l’édition précédente, Carlos Sainz, dorénavant second au général après sa deuxième place du jour, lâchait :

«C’était difficile aujourd’hui. On a connu quelques problèmes car le moteur a chauffé et que c’est plus difficile de passer dans ces cas-là. On a essayé d’attaquer sans prendre de risque. Quand Perterhansel nous dépasse on a tenté de le suivre mais il allait bien plus vite.»

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Enfin, celui qui n’a qu’une idée en tête : Gagner ce Dakar, Nasser Al-Atiyah et qui finit troisième de l’étape et occupe la même position au général ajoutait :

«C’était très difficile. On est partis première voiture. Au dernier kilomètre Peterhansel nous rejoint. C’est dur quand tu ouvres la route. Mais le bilan d’aujourd’hui est positif. on fini sans problème. Je suis content de retrouver des dunes même si aujourd’hui c’était délicat car c’était mou.»

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Pour certains, l’ambition de la victoire a par contre été anéantie entre La Rioja et Fiambala. C’est tout d’abord la fin des illusions pour le tenant du titre, Giniel De Villiers !

Arrêté au kilomètre 50 par un problème de moteur, le Sud-Africain perd toutes ses chances de doublé. La situation se complique également pour le ‘’ Cow boy ‘’ Robby Gordon, troisième de l’édition 2009 et dont le Hummer concède plusieurs dizaines de minutes.

Quant à Nani Roma, vainqueur de la première spéciale du rallye avec sa nouvelle BMW , une sortie de piste l’a de nouveau bloqué dans un trou après 92 km de course. Pour lui aussi, les heures passées à attendre son assistance signifient que les rêves de victoire ne sont déjà plus d’actualité.

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Christian Lavieille et Jean Paul Forthomme au volant du proto Nissan Dessoude se classent vingt et unième ce lundi. Au général, ils figurent en dix septième position

Quant au Bowler, Numéro 348 du duo Arnaud Dubrisay – Patrick Martin, il occupe lui la cinquante quatrième place du général après avoir terminé cette troisième spéciale en … cinquante troisième position !

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En tout cas cette seconde édition du Dakar en Amérique du sud est passionnante. Trois vainqueurs d’étapes différents en motos (Casteu – Fretigné – Despres) et en autos (Roma – Al Attiyah – Peterhansel) en… trois jours et donc un nouveau leader, chaque soir !

C’est du jamais vu …

La catégorie camions a vécu un petit événement sur l’étape du jour, même si la victoire de Vladimir Chagin n’a rien d’inhabituel. La tradition est même tellement bien établie que le Russe a signé aujourd’hui un 50ème succès.

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Le compte rond place le Tsar au niveau du record d’Ari Vatanen. C’est dire le niveau de sa performance …

Il peut maintenant s’intéresser à un autre record, celui du nombre de titres dans la catégorie camions, toujours détenu par Karel Loprais. En tout cas ce ne sera pas le représentant de la dynastie tchèque qui contredira ses plans !

Ales Loprais, victime de problèmes mécaniques hier dimanche, n’a finalement pas pris le départ de l’étape, ce lundi matin. Laissant ainsi la voie libre à son éternel rival pour une nouvelle victoire dans le Dakar…

Gilles Gaignault

http://www.autonewsinfo.com

Photos : ASO – Teams et Maindru

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