Les chasseurs

C’est la saison ! Alors que les feuilles tombent une à une et que les fleurs fanent, on voit pousser dans nos sous-bois et dans nos champs une espèce bipède verte et armée communément appelée le chasseur.
Si beaucoup de choses ont été dites à son sujet, une récente étude menée ces dernières semaines nous permet de vous en dire bien plus à leur propos.

Personnellement, j’aime pas les cons. Mais qu’on se le dise, cette catégorie de la population est équitablement répartie entre chaque groupe d’individus. Si peux qu’on soit en nombre suffisant, il y a forcément un con. Par contre, rare sont les groupes qui en sont exclusivement formés et les chasseurs n’échappent pas à la règle.

Le plus mauvais, ce n’est pas le chasseur ou le randonneur qu’il soit en 4×4 à VTT ou en moto, c’est le con intolérant.
Pour ce qui est du chasseur, j’ai eu une expérience il y a quelques jours me permettant de mieux vous parler de cette confédération tant décriée.

Un matin d’automne, l’un d’entre eux passe me voir. Il a l’air triste et le morale au fond des bottes en caoutchouc. Un de ses chiens, à qui il voue une passion sans limites, manque à l’appel depuis la chasse de la veille. Le maître a passé la matinée à arpenter le bois, mais pas une trace. Maintenant le temps presse, le chien à peut être été blessé, il faut donc le retrouver au plus vite.
La solution, me dit il, est de parcourir le bois en 4×4 pour aller plus vite, mais son Cherokee équipé de pneus route n’est pas l’engin idéal. Le mien oui et il le sait.

Le rendez-vous est donné à la cabane de chasse avec d’autres de ces congénères. Certains sont là pour rechercher le gibier blessé la veille, d’autres sont venus en renfort pour retrouver le chien, mais tous semblent animés d’une même passion pour la nature et d’un même respect pour l’animal. Je tiens à rassurer les plus mauvais d’entre vous, aucun litre de rouge ne trône dans les poches.

C’est parti pour quelques kilomètres dans les chemins pas assez boueux ni défoncé pour moi, mais on n’est pas là pour ça.

Au gré des bourbiers, je le questionne histoire d’en connaître un peu plus sur les mœurs de sa tribu.

Et bien, j’en suis quitte pour un remaniement complet de mes à priori débiles et de mes conclusions à l’emporte-pièce.

Comme quoi, faute d’information, on s’imagine bien des choses.

Ils ont l’éthique de la chasse chevillée au corps. Qu’on les traites de viendards ou d’assassins, alors que leur rôle est de réguler les populations animales afin de préserver leur survie et la bonne conservation de nos forets. Ils agissent sous les ordres de l’Office national des forêts qui décrètent les quotas de prélèvement pour chaque région et sur chaque territoire. Ils aiment la nature autant que nous je vous l’assure, s’insurgeant et luttant contre le braconnage. N’imaginant pas qu’un animal puisse rester blessé, il organise des recherches afin d’abréger leur souffrance. Les chiffres qu’ils m’annoncent sont effarants, et le développement des populations sur les zones chassées ne fait qu’étayer ses propos.

Bref, ils font voler en éclats mes clichés rétrogrades et calomnieux fondés sur vous savez quoi : sur le fait que les chasseurs qui se font remarquer forment bien souvent la proportion des cons de leur espèce. Les bons chassent, aiment la nature et acceptent sans souci de la partager…avec des gens qui la respectent.

La ferveur de son exposé est stoppée nette par la sonnerie de son téléphone portable. La petite chienne est sauve, recueillie par des particuliers à quelques kilomètres de là. Il raccroche avec le regard qui brille, comme pour me prouver que chasse et sensibilité ne sont pas deux termes incompatibles.

Finalement, on retourne au point de départ, les uns on retrouvé le chien, et les autres le gibier blessé. Au fil de leurs discussions, je me rends compte d’une chose : Ils détestent les mauvais chasseurs encore plus que nous. Pour eux, le mauvais chasseur est irrespectueux de l’animal. C’est un tueur.

Même si tous ne sont pas comme ceux que j’ai eu le plaisir de rencontrer, ils sont une majorité. Alors, à l’avenir, plutôt que de forcer une ligne de chasse, faire fi d’un panneau annonçant une battue ou leur écraser les pieds, veillez plutôt à ne pas passer pour le con de notre loisir, et faites demi-tour doucement.

Au petit jeux de la tolérance mutuelle, on a tous a y gagner, mais surtout rien a y perdre.

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