Toyota KZJ 95 TD 4D

Toyota KZJ 95 TD 4D

Mine de rien, en 10 000 kilomètres, on en apprend des choses sur un 4×4. Et je vous promets que l’on a des choses à vous raconter sur le TOYOTA KZJ95 D4D que nous venons de tester pendant 3 mois. Rien ne lui aura été épargné, de la neige des Vosges à la garrigue du sud en passant par les inondations du nord le tout relié par le réseau routier et autoroutier de France. On lui aura tout fait. Alors le verdict…

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Voici donc l’épopée d’un TOYOTA KZJ 95 D4D BOITE AUTO.

L’histoire du bus, c’est son petit nom, a débuté par une belle soirée de décembre.

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Bien entendu il fait déjà nuit et toujours froid. Un bon début. Mr Thierry Rey, attaché à la concession Toyota de Châlons en Champagne commence par un long discours sur les nombreux accessoires commandés depuis le tableau de bord. Rien que là, il y a de quoi s’y perdre. La climatisation bien entendue de série, le chauffage indépendant des places arrières, les lave phares, la chaîne stéréo et son chargeur 6 Cd en façade et les multiples réglages de tout et de n’importe quoi sont pour l’instant des détails auxquels j’accorde peu d’importance. Au même titre que le combiné inclino-thermo-baro-alti-mètre qui s’apparente plus à mes yeux à un gadget pour occuper les enfants.
A quoi bon, j’écoute le cours magistral en attendant de pouvoir juger par moi-même.

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Les explications sur la transmission sont claires, précises et professionnelles. Pas le moindre raté, la notion de 4×4 permanent, de blocage de différentiel central et arrière sont présentées de manière explicite et simple. Les conseils quant à leur utilisation sont à propos. Et mince ; moi qui croyais piéger notre homme, c’est raté. A mon avis, pour être aussi calé, il avait certainement du apprendre par cœur les conseils de conduite de votre site préféré.

En le quittant, j’ai la nette impression que les limites de ma mémoire sont atteintes et qu’il va me falloir reprendre le manuel d’utilisation si je veux tout maîtriser. Va y’avoir du post-it sur le tableau de bord.
Les places avant sont larges, l’assise des sièges est bonne et leurs réglages sont nombreux. Les passagers à l’arrière disposent de banquettes confortables et surtout inclinables indépendamment l’une de l’autre. Même les grands (c’est pas mon cas) trouveront largement de la place pour ranger leurs genoux. Pour ce qui est du coffre, plus de limite au chargement. Allez y. plutôt que de faire des valise, embarquez directement les armoires.

Dès les premiers tours de roue, je suis surpris par la déconcertante impression de facilité à conduire un tel engin. Tout tombe sous la main, ça va tout seul. Il n’y a presque rien à faire. Ce sentiment de simplicité est d’autant plus renforcé par la boite automatique qui se charge de tout, toute seule comme une grande.

L’AUTOROUTE.

Notre premier périple nous emmène dans les Vosges. L’autoroute est balayée par des rafales de vent et de pluie. Pourtant le véhicule ne bouge pas. Si ce n’est quelques embardées causées par les fortes bourrasques et accentuées par la hauteur de caisse, sinon, tout ce passe au mieux. L’aiguille du compte tour flirte avec les 3 000 tours (rodage oblige) et celle du compteur reste accrochée à 145 Km/h. Aucune côte ne pourra l’en déloger. C’est impressionnant. Le potentiel du moteur est énorme. Les 165 CV et le couple camionesque de l’engin y sont pour beaucoup. Ca pousse fort. Le ton est donné, ce n’est déjà pas sur autoroute qu’on lui trouvera un défaut. Laissez place, vous les autres, c’est moi que vla ! Surtout qu’à un tel régime, le moteur est presque au ralenti et ne vous impose jamais d’augmenter le son de l’autoradio. Arrivé au péage, la commande automatique du lève vitre conducteur ne demande qu’une pression pour descendre complètement, et l’antenne qui vient de raccrocher sur le portique se règle à volonté grâce a deux boutons au tableau de bord.

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Les voyages suivants ne révèleront aucun problème particulier pour une utilisation autoroutière intensive. La boite automatique reste un régal, la vitesse possible est largement supérieure à celles autorisées et le confort est impérial. Pour ce qui est de la sécurité à bord, je n’ai pas eu l’occasion de faire de tonneaux ni de venir m’encastrer dans un camion et ne peux donc pas vous en dire plus. Les lecteurs qui souhaiteraient se plaindre contre ce manque flagrant de professionnalisme peuvent le faire par l’intermédiaire des commentaires.

ROUTES  » GRATUITES »

Même constat sur nationale, mais sur chaussée dégradée, on est légèrement pénalisé par le désaccord entre les suspensions avant et arrières. Et encore, ça reste léger je vous l’ai dit !. L’essieu avant a tendance a pomper sur ses ressorts indépendants alors que l’arrière talonne à vide. Attention, je n’ai jamais subit de perte de motricité, même en attaquant sévère sur des petites routes bosselées. Pour éviter ce phénomène, roulez chargé. Mais non, je ne suis pas en train de vous conseiller de rouler ivre, mais à plusieurs ou avec du lest dans le coffre. Voilà, c’est ça.

Pour éviter de subir l’inertie de la caisse dans les virages en conduite rapide, j’ai trouvé la parade qui consiste à positionner la boite en mode PWR qui correspond à la configuration sport. Les accélérations en sortie de virage sont plus vives et permettent de sortir le véhicule en ligne. Mais là, c’est plus du pilotage que de la conduite.

Bref, avant de quitter le bitume, le constat est parfait. La voiture roule bien, vite, accélère fort, tient le rythme. Elle est extrêmement confortable et silencieuse, transformant les pires conditions de route en promenade dominicale.

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Passons maintenant au tout terrain.

LA NEIGE

Vous n’êtes pas sans vous rappeler, avec un peu d’aigreur pour les uns et de joie pour les autres que les Vosges ont été le seul massif a bénéficier de fortes chutes de neige en fin d’année. Et bien nous, nous y étions.
Les premiers lacets non dégagés n’ont pas posé plus de problèmes que l’autoroute par temps sec. Les 4 roues motrices permanentes passent l’adhérence sans problèmes et même en écrasant l’accélérateur comme un sauvage rien ne décroche. C’est pas drôle du tout. Les démarrages en côtes se négocient sans perte de motricité, bien aidé par le convertisseur de couple de la boite automatique et la possibilité de décoller en seconde en cas d’adhérence trop précaire. Un rêve, la neige se voit à l’extérieur mais ne se ressent pas au volant.

Mais bon, avec du macadam sous les pneus, ça n’est pas un exploit de faire passer un 4×4. Une bonne voiture diesel et traction avant peut faire presque aussi bien si la couche n’est pas trop haute. Je décide donc de bifurquer dans le premier chemin sur ma droite. Là, c’est tout autre chose. 30 bons centimètres de neige me barrent la route et recouvrent un chemin d’ordinaire peu accueillant. Très vite, les roues patinent et nous nous immobilisons. Boite au point mort, je bloque le différentiel central mais reste en longue pour garder une inertie suffisante. Ca dérape, glisse, patine mais avance un peu. A la décharge de la voiture, nous sommes 4 à son bord et le coffre est plein de bagages (quand on test, on test). Encore quelques mètres avant de stopper à nouveau notre évolution. Les passagers protestent déjà, m’assurant que ça ne passera pas, et que je ferais mieux de reculer. Moi reculer. Je n’ai pas été programmé pour ce genre de manœuvre. Pour leur prouver, j’appuie sur le commutateur qui permet de replier les rétroviseurs extérieurs. Le ton est donné, c’est en avant ou rien. Pour aider les pneus au profil routier à retrouver un peu d’adhérence dans les quelques croisements de pont, je bloque le différentiel arrière et force le véhicule à démarrer en seconde (petit bouton magique). Et c’est reparti. Compte tours a 2200 tours environ le véhicule avance petit à petit. Les triangles des roues avant font leur passage dans la neige et le reste suit. Au bout de quelques cahots et de beaucoup de buée (les passagers semblent avoir chaud), nous retrouvons une route plus carrossable. Je débloque le diff arrière et le central, et nous voilà reparti pour quelques lacets pied dedans.

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Au détour du col de Gérardmer, le 31 décembre vers 11h, les voitures qui arrivent en contre sens nous signalent un problème à grand coup d’appels de phare. Je roule vite c’est vrai, mais pas suffisamment pour mériter toutes ces mises en garde. Finalement quelques lacet plus bas nous arrivons à hauteur d’un camion, coincé dans le bas coté. Le chauffeur s’est fait surprendre par un des ses nombreux automobilistes qui ne savent pas conduire sur la neige et qui à coupé le lacet de peur de ne pas pouvoir monter. Toujours est-il que le bahut est sur le coté sans la moindre possibilité de sortir de l’ornière par ses propres moyens. Je n’arrive pas à me faire à l’idée que ce pauvre type qui bosse loin de chez lui va compromettre son réveillon à cause d’un manche au volant. Du coup, je sors la sangle et les manilles (vous vous souvenez, ce sont les accessoires qui ne doivent jamais quitter votre 4×4). Et c’est parti.

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Le chauffeur me regarde l’air dubitatif :

  » Un 4×4 pour sortir un camion. C’est très gentil de votre part, mais vous allez jamais y arriver.  »

  » On va déjà essayer ! »

  » Oui mais faites attention à pas abîmer votre embrayage  »

 « rassurez-vous, j’en ai pas  »

Finalement, au bout de 10 minutes de bagarre, les 165 Cv finissent par arracher le camion de son trou sous les klaxons du conducteur hilare de se voir bouger à nouveau.

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Outre cette anecdote qui en dit long sur les capacités du Toyota, notre séjour dans la neige nous permet surtout de tirer tout le profit de la boite automatique. C’est indéniable le surcroît de sécurité qu’apporte ce genre de transmission. Pas d’à coup au démarrage ni aux changements de vitesse, une traction plus linéaire évitant toute perte de motricité. Bref, un instrument de sécurité supplémentaire, au même titre que l’ABS et la transmission intégrale.

L’EAU

Si le massif Vosgien a été copieusement fourni en chutes de neige, on peut dire que le nord-est de la France a lui aussi bénéficié de son lot de précipitations au cours du premier trimestre. C’est grâce à elles que nous avons pu éprouver les capacités de passage a gué du KZJ. Le chemin immergé que nous avons traversé dans tous les sens n’a pas posé de réelle difficulté au véhicule. La puissance du moteur prête à pousser un gros volume d’eau, alliée à l’empattement long qui garde son cap coûte que coûte nous a permis de nous retrouver de l’autre coté sans la moindre difficulté.

Attention, aucune difficulté ne signifie pas aucune appréhension parce que faire 500 mètres sans voir ou l’on met ses roues ni sans pouvoir jauger le niveau de l’eau, c’est du sport. Les joints de porte sont bien étanches, c’est déjà ça.

(voir l’article : inondations)

LES FRANCHISSEMENTS

L’escapade s’est terminée dans le sud, autour de Nîmes. Sur place, nous avons apprécié l’efficacité de la climatisation. Parce que début Avril dans la garrigue, il fait chaud. L’avantage d’un terrain sec et rocailleux est qu’il permet de juger des capacités de franchissement d’un véhicule, même en monte d’origine. L’adhérence, facteur généré par le couple sol-pneu ne rentre que très peu en ligne de compte. Seuls les angles, les débattements (voir article : B A BA de la technique) et la motricité globale du véhicule lui permettent ou non de se hisser au sommet. On a donc passé une après midi à jouer sur un terrain de 4×4 sans jamais prendre notre engin en défaut. Les suspensions arrières collent littéralement les roues au terrain. Même dans notre configuration châssis long, il faut une bonne dose d’acharnement pour faire décoller une roue.

Les débattements avant quant à eux restent dans la moyenne, on ne peut pas demander l’impossible à des roues indépendantes. Les zones les plus raides et les passages de marche s’avalent sur le régime du ralenti en laissant le soin au convertisseur de couple de passer la puissance de manière la plus linéaire possible afin d’éviter toute perte d’adhérence. Seul bémol, mais on s’en serait douté, la longueur de l’engin et les très utiles marchepieds pénalisent fortement la valeur de l’angle ventral. C’est bien dommage car on en ferait bien un bus de trial. Autre point négatif. La beauté d’un tel engin nous fait perpétuellement craindre pour la peinture et les pare-chocs

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Conclusion

Le Toyota KZJ 95 est un formidable engin de découverte. Son moteur exceptionnel, son confort et sa finition intérieur en font un vaisseau de luxe pour aborder les grands trajets. Qui plus est, sa capacité de chargement vous permettra de vous passer d’un coffre de toit ou d’une remorque même si la famille est nombreuse.
Une fois sorti de la route, vous atteindrez vos limites bien avant d’avoir trouvé les siennes. Honnêtement, passé les critères propres à chacun de look ou de nationalité, le KZJ 95 D4D est fantastique.

PLUS

 Moteur

 4×4 permanent

 Boite automatique

 Confort

 Habitabilité

 Capacités TT

 Equipements.

 Consommation

 Blocage arrière

MOINS

 Longueur pour se garer

 Porte unique a l’arrière

 Pare choc arrière proéminent qui gène lors des chargements

 Peinture fragile au seuil de portes

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