Un Land 110 « Sous les étoiles du Nouveau Monde »

Un Land 110 « Sous les étoiles du Nouveau Monde »

Un Land « Sous les étoiles du Nouveau Monde »

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Un Land 110 de 300 000 km préparé maison pour parcourir le monde en famille et équipé d’un télescope pour défendre l’environnement, c’est celui des Quatrevieux. Fabrice, Valérie, Florence et Vincent vous montrent comment à partir d’une simple envie de partir en vacances en famille, on peut être amené à faire évoluer la préparation du véhicule jusqu’à ce qu’il soit prêt à parcourir le monde.

Certaines photos sont sorties de leurs archives datant de l’an 2000. Un retour d’expérience de plus de 220 000 km.

110 SWC 200 TDI : 4×4 préparé pour une famille autour du monde.

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Fin des années 90, Valérie et Fabrice Quatrevieux songent à pratiquer une activité commune. Valérie, férue de voyages, et Fabrice, ancien motoriste de compétition, (Snobeck : Mercedes Super Tourisme, Citroën Sport : ZX Dakar) rêvaient en regardant les images du Dakar. Mais pas question d’y participer, le travail de Valérie ne lui permet pas de disposer de congés comme elle veut. Alors, pourquoi pas faire la même chose mais à un rythme plus lent et quand ils le désirent. Alors, ils partent à la recherche d’un 4×4 robuste, simple d’entretien, facilement aménageable et pouvant transporter aussi leurs deux enfants. Leur choix s’est vite reporté sur un Land 110 SW.

Mais, c’est seulement après deux années de recherche qu’ils trouvent la perle rare : un 110 SWC TD dont le moteur est cassé. Dès que les enfants le voient, ils l’adoptent. C’est décidé, Fabrice et Valérie le prennent, plus qu’à lui trouver un autre moteur. Ce sera le véhicule idéal pour partir à l’étranger à deux et en France avec les enfants.

En fait, à peine le véhicule sorti du garage fin novembre 2000, la famille Quatrevieux projette un voyage au Maroc pour y passer le nouvel an.

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Constatant que les enfants prenaient part entière à leurs expéditions et que leur présence facilitait les rencontres, la famille décide d’aménager le Land pour partir plus loin et en totale autonomie. Ainsi vont se succéder la Tunisie, avec un groupe d’amis,

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c’est même ici qu’il a été baptisé l’Arioul (le mulet en langue berbère) car, nous a fait remarqué un de nos compagnons, même chargé comme un mulet il passe dans les dunes,

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, la Turquie de l’Est, deux mois de bivouacs en autonomie

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, le tour de la Baltique pour aller voir le soleil de minuit et les fjords

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, l’Iran, le pays le plus accueillant que nous ayons traversé

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sans oublier de nombreux périples au Maroc.

Mais, ces nombreux voyages effectués principalement l’été et au printemps, leur ont donné l’envie de partir plus loin, plus longtemps. Le projet de parcourir les Amériques de l’Alaska jusqu’en Argentine vient de naître.

Ce voyage durera 13 mois et 70 000 km. Il est consultable sur le site www.lesquatrevieux.com , des extraits de leurs DVD sont visibles sur le lien : http://www.lesquatrevieux.com/HTML/Double DVD

Pour réaliser leur projet, il faut revoir totalement l’aménagement. Pas moins de quatre évolutions se succèderont pour obtenir l’aménagement idéal suivant un cahier des charges: pas de cellule lourde et encombrante, pouvoir transporter 4 personnes assises, disposer de quatre couchettes, de 1500 km d’autonomie en GO, de 150 litres d’eau, d’un réfrigérateur pour conserver les aliments périssables et d’un chauffage pour résister aux nuits à – 25°C. Au moment du départ, le Land aura 300 000 km et affichera fièrement ces 370 000 km au retour.

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Le Land 110 TD acheté, il faut tout d’abord trouver un autre moteur pour remplacer celui d’origine cassé qui totalisait 160 000 km au compteur. Ce sera un 200 TDI de 92 000 km réputé pour sa robustesse, sa fiabilité et sa sobriété qui prendra place dans le compartiment moteur. Son absence total d’électronique en fait le moteur idéal pour parcourir la planète et sa faible consommation permet de réduire considérablement le budget carburant.

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On peut voir la contreplaque pour renforcer la capot moteur afin de supporter le poids d’une roue de secours.

La seconde étape est de monter une galerie Brownchurch renforcée et un Schnorkel Mantec pour notre premier voyage hivernal au Maroc. Juste deux cantines de 110 sont posées sur la galerie pour y stocker vêtements, provisions et quelques pièces mécaniques. Malgré une charge variant de 100 à 200 kg, elle n’a jamais bougé.

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Puis, en perspective de l’été suivant, ils montent une tente de toit James Baroud Aventure, avec manivelle pour repartir au Maroc. Ils totaliseront pas moins de 400 nuits dans un confort irréprochable.

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Viennent ensuite quatre versions différentes, en fonction de la taille des enfants. Ils se décident à construire eux mêmes un aménagement intérieur qui restera en permanence dans le Land. Il est fabriqué en bois latté de 15 mm, sorte de contreplaqué mais avec une âme en tasseaux de peuplier. C’est beaucoup plus léger que le contreplaqué et presque aussi résistant. Un lit se déploie au dessus des sièges arrières ,

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après avoir rabattu les dossiers. Il fait 1.85 m de longueur, pour 1.40 m de largeur au niveau des épaules et 1.20 m de largeur au niveau des pieds. Un fois le lit replié en trois parties ,

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une place est dégagée pour permettre l’accès au réfrigérateur à compresseur

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et aux différents coffres .

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Un coin cuisine est aménagé sur la porte arrière avec l’eau courante, un distributeur de savon pour l’hygiène et une couverture anti-feu. Deux tubes néon de 8 w permettent d’éclairer la nuit.

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Un tiroir coulissant permet d’accroître les rangements .

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Un des coffres s’ouvre sur l’aile arrière gauche pour permettre le changement de la bouteille de gaz de 6 kg .

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En fait, nous avons principalement utilisé un réchaud multi-carburant qui fonctionne aussi bien avec de l’essence que du gasoil, quelque soit l’altitude et la température. Il évite les problèmes de recharge de gaz dans les pays lointains. Durant le périple de 13 mois, le réchaud multi-carburant est employé tous les jours, le gaz servant d’appoint : la bouteille est revenue pleine …

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Deux réservoirs d’eau sont installés, l’un de 35 litres est placé sous le siège arrière tandis qu’un autre de 115 litres est logé derrière les même sièges. Deux orifices de remplissage sont disposés dans l’ouverture de la fenêtre latérale arrière droit
.

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Un système de filtration d’eau Ogapur complète l’ensemble, avec un filtre à particule pour enlever les impuretés, un filtre à charbon pour éliminer les odeurs et goûts indésirables ainsi que le chlore et les pesticides. Une lampe à UV tue tous les virus et bactéries ainsi que tout organisme vivant dans l’eau (amibes, microbes …). Ainsi, l’eau est purifiée et le plein peut se faire dans n’importe quelle source comme de l’eau de drainage ou de l’eau de radiateur de voiture (seule eau facilement disponible quand on pratique uniquement le bivouac aux USA). Pendant le voyage aux Amériques, ils n’ont eu à déplorer aucune gastro-entérite.

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Une tente de douche nous permet de se laver dans n’importe quelle condition. Elle peut être convertie en véritable hammam si l’on branche le tuyau de chauffage ainsi que l’eau chaude.

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Voulant accéder plus facilement dans la tente de toit, l’ancienne tente Aventure est remplacée par une autre tente James Baroud mais du modèle Explorer. Ce choix réside dans l’absence de compas remplacés par 4 vérins pneumatiques qui soulèvent totalement la coque du haut en laissant libre une ouverture à l’arrière ce qui permet de ne plus emporter d’échelle. Ils montent directement par la galerie.

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La coque rigide permet de passer dans les arbres, ce qui facilite grandement la recherche de bivouacs. Une barre supplémentaire est rajoutée à la galerie pour soutenir le poids de l’avant de la tente de toit tout en permettant de l’avancer, ce qui libère de la place sur le toit.

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Un A barre Equipe 4×4est monté pour protéger la face avant, non pas des buffles, mais des nombreuses vaches, caribous ou orignaux que l’on peut rencontrer à la sortie d’un virage .

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Des grilles viennent protéger les phares avant du type crystal. Des plaques en poly-carbonate sont rajoutés en Alaska pour éviter les impacts de pierres lors des croisements avec les camions sur les pistes (principalement les canadiens qui roulent à plus de 100 km/h sur les « gravel roads »).

Des plaques de renforts d’ailes avant « fait maison » sont installées pour permettre de marcher dessus et faciliter la fermeture de la tente de toit.

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Un porte-roue de secours supplémentaire est monté sur le capot moteur .

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Toujours « fait maison » une plaque et deux rails de renfort rigidifient le capot. Une contre-plaque en aluminium vient consolider le tout par en dessous. Un porte-roue Mantec est installé pour soulager du poids de la roue les charnières de la porte arrière.

Un chauffage Eberspächer

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à eau est monté pour chauffer aussi bien l’habitacle

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que la tente de toit par l’intermédiaire du tuyau extérieur

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, un radiateur souffle dans le tuyau qui est raccordé à la tente de toit. Des thermostats régulent la température.

Le chauffage à eau Eberspächer est le seul de sa catégorie pouvant démarrer à haute altitude. Il a fonctionné plusieurs fois à plus de 4400 m. Le système à eau chauffe le moteur la nuit par très basse température. Réchauffant aussi le gasoil, il est possible de démarrer le matin sans prendre la peine de préchauffer les bougies même par –25°C.

Un blocage arrière ARB est placé pour rouler dans des zones très boueuses de la forêt tropicale.

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Deux plaques de désensablage en aluminium et un cric Hi Lift complètent le matériel permettant de se sortir des situations difficiles. Un petit tire-fort tend les sangles pour ensuite utiliser le cric Hi Lift comme treuil.

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Le tableau de bord est des plus simples, quelques indicateurs pour connaitre l’état des deux batteries OPTIMA et le niveau d’eau des réservoirs, la commande du chauffage et un simple GPS MLR FX312 4X4. Il n’y a pas de système de navigation embarqué sur PC car Fabrice et Valérie préfèrent les cartes papiers, beaucoup plus fiables avec une simple boussole.

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Sur un Land Rover, il est difficile de trouver des parties de la carrosserie en acier pour y fixer des antennes à embase magnétique. Le seul endroit placé en hauteur est le chapeau du schnorkel. Pour éviter que l’antenne soit décrochée par une branche d’arbre, une simple cornière en plastique la protège efficacement.

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Pour atteindre une autonomie de 1500 km, un réservoir d’aile de 45 litres est monté entre le réservoir principal et la goulotte de remplissage. Deux jerrycans de 20 litres sont installés dans un logement en aluminium placé à l’arrière de la galerie pour compléter le volume atteignant 150 litres.

Une cantine de 110 placée sur la galerie contient les vêtements non utilisés (selon la saison), les huiles et les pièces de rechange. Une boîte blanche étanche contient le télescope pour les soirées d’observation au bivouac, c’est aussi un outil pour le thème de leur voyage : la lutte contre la pollution lumineuse ( www.anpcn.fr ).

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Pour supporter le poids du Land (3.5 tonnes en charge complète, eau, GO, vêtements, nourriture et les 4 passagers), des ressorts King Spring sont montés. Des amortisseurs Koni Heavy Track Raid sont installés pour retenir la masse imposante du véhicule. Leur grand volume leur évite de chauffer sur les nombreuses pistes défoncées rencontrées. Après plus de 120 000 km d’utilisation, ils sont comme neufs.

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. On peut remarquer que la course des Koni est plus grande que celle des amortisseurs standards. Les ressorts arrières ont tendance à se déboiter, problème résolu avec le montage de ressorts King Spring.

Dernier élément, mais pas des moindres, pour effectuer un parcours sans encombre : les pneumatiques. Il faut un pneu capable de mener l’équipage à vitesse modérée (80/90 km/h maxi sur route) aussi bien sur de l’asphalte que sur des pistes boueuses et ce durant 70 000 km avec 6 roues (deux roues de secours). Fabrice et Valérie se sont mis d’accord avec Alain Rozier, patron de Black Star, sur le choix du pneumatique correspondant au mieux à leur cahier des charges. Le verdict tombe : ce sera des Guyane en 7.50/16. Ils tiendront leur promesse, mais ils seront bien fatigués au retour avec des crampons élimés.

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Mais avant de partir pour un tel périple avec un véhicule de 300 000 km, il faut bien sûr prévoir une énorme révision. Ainsi le moteur, les boîtes sont refaites grâce au concours de Georges et Françoise Graciet d’EURO4X4PARTS qui les ont soutenus tout au long du voyage .

Les récits et les DVD de leurs aventures (avec des extraits en ligne)

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sont disponibles sur le site www.lesquatrevieux.com .

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Vous pourrez les rencontrer au Salon du 4×4 de St Tropez du 31 octobre au 2 novembre 2008

ou au 13ème Festival International de l’Image Nature et Aventure Explorimages de Nice du 7 au 9 Novembre 2008.

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Ils diffuseront un film de 52 minutes (extraits disponibles ici ) suivi d’un débat.

Un livre est aussi en cours d’écriture : 350 pages de récit d’aventures à travers le monde, mais aussi des renseignements techniques : aménagement du véhicule, formalités administratives avant le départ ou douanières pour franchir les frontières, l’école des enfants, les points GPS des bivouacs, etc. Il sera disponible à la fin d’année.

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Journal du 4magazine 4x4 & SUV

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