Technoraid Dakar 2009 en Wildcat : photos et news

Technoraid Dakar 2009 en Wildcat : photos et news

Quelques nouvelles de l’équipe de TechnoRaid embarqués à bord du Dakar 2009.

Quelques mots sur les jours avant le départ…Jour par jour…

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Lundi 29 décembre. Dakar, où seras-tu ?

 Dès la sortie de l’aéroport, nous allons au nord de Buenos Aires, à Sarate récupérer les véhicules. Aucun problème, tout est bien organisé.

 En même temps a lieu une conférence de presse à Tigre, les représentants argentins sont venus en nombre. Chef de cabinet, ministre du tourisme, ambassadeur du Chili et tous les officiels d’ASO, Etienne Lavigne, en tête sont là pour présenter le premier Dakar Argentin. Nos officiels argentins sont enthousiastes, le disent et le montrent. Dores et déjà, le Premier ministre invite le Dakar à revenir en Argentine l’an prochain. Etienne Lavigne esquisse un sourire mais ne répond pas à l’invitation. Rien n’est encore décidé ou en tout cas, rien ne filtre à part des informations contradictoires.


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Mardi 30 décembre. Bienvenue à Buenos Aires

A Buenos Aires, trois jours avant le départ, rien ne laisse vraiment pressentir l’arrivée du Dakar. Peu de panneaux ou de banderoles ne signalent l’événement dans les rues de la capitale argentine. Pour nous, les préparatifs commencent aujourd’hui. Les pilotes et l’équipe se rejoignent à la cité universitaire où nous avons amené les voitures et camions. Pour mémoire, notre équipe est composée de 17 personnes, 5 véhicules et 2 camions :

 4 pilotes et co-pilotes à bord de 4 Bowler Wildcat (n°408-410-459 et 458),

 4 personnes à bord ‘un HDJ80 d’assistance (Martial, Benjamin, Henri-Jean + Marie-Anne)

 3 personnes dans le camion d’assistance T5 (Eric, Jordan et Fréderic)

 2 personnes à bord du camion d’assistance engagé sur la course T4 (Laurent et Didier)

L’ambiance est au beau fixe, entre vérifications administratives et visite de Buenos Aires pour certains, nous nous apprêtons à rentrer sereinement dans la nouvelle année. Nous passons le 31 dans un resto de l’avenue de Mayo dans une ambiance assez touristique mais plutôt bon enfant. Bonne année à tous et à toutes !

Vendredi 2 janvier. Emportés par la foule

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Pour les Portenos (habitants de Buenos Aires), le Dakar a enfin commencé. A la « Rural », le parc fermé où sont exposés les véhicules jusqu’au départ le 3 au matin, les spectateurs affluent. En tout, 80 000 personnes seraient venues au départ du Dakar selon l’organisation. Cette effervescence atteint son comble le 2 au soir, lors du tour de présentation en ville. « Nous n’avions pas vu un tel enthousiasme depuis très longtemps sur un Dakar » s’étonne Didier. Nous défilons sur l’immense avenue 9 de Julio au son de « Viva Francia », « suerte » (= bonne chance). C’est « très émouvant » ajoute encore Daniel Gouedard. Les pilotes sont touchés par la présence et la joie des Argentins. Ces derniers sont comme à leur habitude, souriants, généreux, accueillants. Mêmes aventures, peut-être mais nouveau public, sans aucun doute !


Samedi 3 janvier. Le départ

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Ca y est, à partir de maintenant, ce sera du non-stop (enfin, on espère…). Pour nous en assistance, la route est un peu sans intérêt : droite avec parfois pour égayer nos longues heures de conduite, des champs de tournesol et des plantations d’eucalyptus. Mais à part ça…nous sommes dans la pampa, ce qui veut bien dire, on vous le confirme, au milieu de nulle part. Santa Rosa de la Pampa, notre première étape, est en effervescence.

Premier jour signifie aussi premiers abandons, premières casses, premiers accidents. La piste est très poussiéreuse et sur les 371 km de spéciale, les routes droites sont brisées par des virages à 90 degrés, d’où les nombreuses sorties de pistes et tonneaux.

Pas de gros problème à signaler dans notre équipe à part une petite collision à l’arrière du Bowler 408 de Michel Visy et Philippe Bourquin. Petite sortie de piste également pour cette même équipe qui a froissé la fibre à l’avant. Résultat, Benjamin et Henri-Jean ont passé quelques heures à redresser l’aile droite et le pare-choc arrière. Les autres ont travaillé sur les autres véhicules aux vérifications de routine. Dodo à 3 heures du matin pour tout le monde…

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Pour notre Bowler 458 de Jean-Paul Himily et Jean-Pierre Melocco, petite frayeur juste avant l’arrivée avec l’explosion de l’oeil du niveau du vase d’expansion. Plus de peur que de mal heureusement.

Dimanche 4 janvier. La poussière.

Dure journée pour les pilotes comme pour l’équipe. Les concurrents ont été surpris par la piste sableuse. « Lorsque l’on descendait de la voiture, on en avait jusqu’aux genoux » raconte Jean-Paul Humily. Résultat, la spéciale était parsemée de voitures ensablées. Nos pilotes s’en sont tous heureusement sortis mais dès le départ de la spéciale, Thomas et Daniel ont été gênés par un problème électrique. A tel point qu’une centaine de kilomètres plus loin, ils étaient totalement bloqués et ont dû faire appel au camion d’assistance pour les sortir de la spéciale. Autre incident cette fois pour Jean-Paul et Jean-Pierre qui sont rentrés dans un arbre à l’avant. Radiateurs légèrement enfoncée et tôle abimée. Couverts de poussière, les pilotes se sont couchés tard dans la nuit et les mécaniciens ont fait nuit blanche. L’accueil à Puerto Madryn est exceptionnel, plus de 80 000 personnes seraient venues assister à l’arrivée du Dakar selon les organisateurs.

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Lundi 5 janvier. Encore la poussière.

Bivouac à Ingeniero Jacobacci. Poussière incroyable et quelques gouttes de pluie dépriment légèrement l’équipe en prévision de la nuit qui les attend.

Les pilotes ne sont pas arrivés mais nous connaissons déjà leur classement :

458 : 69

408 : 76

410 : 80

459 : 91

On vous écrit bientôt, dès que possible.

A très bientôt

Mardi 6 janvier. Et toujours la poussière.

Tous commencent à  en avoir assez du fech-fech, qui se transforme au passage des autos et surtout des camions. Résultat, plus on est derrière, plus la piste se creuse et se déforme et plus c’est galère. Difficile de doubler les camions qui semblent être un des principaux problèmes de nos pilotes. Le terrain de la spéciale (387 km) alterne entre fech-fech, trial et portions piégeuses sur une piste souvent peu linéaire. Les pilotes traversent des rios (l’équivalent des oueds marocains), des zones effondrées et collines sableuses. Bref, c’était une journée plus  » Dakar  » que les autres jours analyse Arnaud Dubrisay, qui participe à  son 3ème Dakar.
Cà´té casse, Michel et John (408) et Jean-Paul et Jean-Pierre (458) brisent leur tige d’amortisseur. Elles seront changées cette nuit par l’équipe. La casse de 3 rotules de direction pénalise davantage Thomas et Daniel qui, à  deux reprises, doivent attendre le camion d’assistance pour pouvoir repartir. Beaucoup de temps de perdu…
Les wildcats sont dépoussiérés à  l’air comprimé, prêts à  affronter la spéciale de demain qui s’annonce être la plus difficile depuis le début.

Mercredi 7 janvier. Bloqués dans le sable…

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Si la destination de l’édition 2010 devait se jouer à  l’applaudimètre, l’Argentine gagnerait sans aucun doute haut la main. Dès 6 heures du matin, heure de départ de notre véhicule d’assistance (de Neuquen à  San Rafael), le parcours est noir de monde. L’enthousiasme retombe vite. Pour cette 5ème journée, on annonce pas moins de 5 véhicules brûlés. A minuit, aucun de nos pilotes n’est encore rentré. Idem du cà´té des autres équipes, qui attendent jusque tard dans la nuit l’arrivée des pilotes. La piste est visiblement très difficile, entre dunes de sable noir et encore ce terrible fech-fech qui déprime chaque jour un peu plus les concurrents. Le décès la veille de Pascal Terry, un pilote moto, retrouvé seulement 3 jours après sa disparition amplifie l’ambiance morose de la soirée. Au compte goutte et souvent avec des informations contradictoires, nous arrivons enfin à  avoir des nouvelles des pilotes. Arnaud et Dominique se sont arrêtés pour porter secours à  un motard français blessé. Ils resteront avec lui jusqu’à  l’arrivée des secours, quelques heures plus tard. Michel et John avancent bien, passent le CP2 mais leur bonne performance se retournera contre eux. En effet, devant la difficulté de la spéciale, le nombre de pilotes perdus, la nuit et le temps qui se gatte (pluie et grêle), l’organisation décide vers 21h de neutraliser la spéciale au CP2 (soit de supprimer 200 km…) . Résultat : la plupart de ceux qui ont déjà  passé ce point ne seront pas prévenus et continueront à  galérer entre CP2 et l’arrivée. Michel et John galèrent tellement (plus de pneus de secours puis une voiture qui ne démarre plus) qu’ils restent plantés toute la nuit au milieu des dunes. ASO ne laisse pas passer notre T4 d’assistance, qui ne pourra malheureusement pas les aider à  se sortir de là . Ils passent la nuit assis dans leur véhicule et épuisés, dorment quelques heures en attendant le lendemain.

Jeudi 8 janvier. 6 ème jour. Usure et fatigue.

Nous essayons d’aller récupérer Michel et John avec le 80 mais les dunes sont trop hautes, le sable souple et nous sommes trop chargés. Impossible. Martial prévient ASO qui ira les chercher en hélicoptère. Ils retourneront ensuite au point GPS (6 km de l’arrivée) avec un Argentin qui les aidera à  démarrer et récupérer la piste. Alors qu’ils étaient disqualifiés puisqu’ils n’étaient pas au départ de la spéciale à  temps pour le lendemain, nous arrivons finalement à  les remettre en course. Ce Dakar 2009 est décidément plein de rebondissements. Les  » réintégrations  » semblent être monnaie courante si on arrive à  bien  » négocier « .
Cà´té mécanique, Thomas et Daniel cassent un croisillon de l’arbre de transmission suite à  un saut. La journée a été difficile et ils se demandent s’ils vont continuer.
Contrairement à  l’Afrique, les pistes sont étroites et ne permettent pas de faire de la navigation ni de doubler facilement. Impossible dès lors, surtout derrière des camions de ne pas respirer la poussière de ce fech-fech qui n’en finit jamais.

Vendredi 9 janvier. Samedi 10 janvier. Vous avez dit  » repos  » ?

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L’équipe s’attaque à  la boite de transfert d’Arnaud et Dominique. Le différentiel cassé coûte à  Benjamin 4 bonnes heures de travail pour la changer. Un tirant de pont avant est également changé, de même qu’un terratrip, qui avait cessé de fonctionner à  cause du fech. La journée de  » repos  » à  Valparaiso permet aux mécanos de refaire une révision complète et de vidanger toutes les boites.
Sur la 458, nous devons changer un joint de nez de pont. Nous changeons aussi la pompe à  essence, en espérant que cela réglera le problème de pression d’essence qui rend parfois la voiture impossible à  démarrer…
Michel et John reprenant la course de Valparaiso, l’équipe passe une partie de la journée à  remettre leur bowler en état. Au programme des pièces remplacées : une serrure de porte, un rétroviseur, une barre anti-rapprochement, une rotule et un nouveau terratrip.
La frontière se passe comme une lettre à  la poste car les Chiliens ont aménagé un poste frontière pour le Dakar. Nous sommes sur les bords du Pacifique mais personne de l’équipe ne peut tremper les orteils dans l’océan (apparemment froid) ni découvrir Valparaiso. Maigre consolation, notre bivouac (toujours aussi poussiéreux) se situe près du port à  l’école navale dans d’immenses bâtiments en dur et vue sur mer pour déjeuner. En parlant de déjeuner, pensez à  nous lorsque vous dégustez un bon plat de chez nous car ASO ne nous a pas gâtés cette année. Les rations du midi sont à  peine mangeables (pâté de saumon au porc…) et les diners au bivouac ne sont guère mieux.


Dimanche 11 janvier. Tonneaux et déceptions.

Le mot du jour, c’est  » à  priori  » car les infos qu’on reçoit à  longueur de journée sont sans cesse contradictoires. Malheureusement, la seule nouvelle à  peu près sûre, que nous apprenons en début d’après-midi n’est guère réjouissante. Le bowler 458 de Jean-Pierre Melocco et Jean-Paul Humily a quitté la piste, qui s’est effondrée au passage de la voiture. Au volant, Jean-Pierre s’est mis dans le sens de la pente en espérant pouvoir redresser la barre mais une roche sur leur chemin les a fait s’envoler et faire une petite dizaine de tonneaux avant de retomber sur les roues…Une sortie spectaculaire filmée en directe par l’hélicoptère de France Télévisions. Dans la chute, une branche est venue traverser le pare-brise et a abîmé le doigt de Jean-Pierre. Evacué par hélicoptère, les premiers soins lui seront donnés à  l’infirmerie du bivouac puis dans une clinique de la ville la plus proche (la Serena). Pour eux, la course s’arrête au kilomètre 93 de la spéciale. Selon nos premières informations, la voiture est en très mauvais état mais les pilotes sont sains et saufs et c’est le principal. Martial et Eric s’occupent de prendre tous les contacts pour sortir la voiture (qui serait à  quelque 80 mètres de la piste) de son trou et gèrent la logistique pour la suite (comment rapatrier la voiture à  Buenos Aires, louer une voiture…etc).

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Dans la série  » je quitte la piste « , nous avons aussi le camion d’assistance T4 de TechnoRaid conduit par Didier Panissier avec Laurent Lichtleuchter. Alors qu’il gérait la course de manière impeccable depuis le début, lui aussi est victime d’un effondrement de piste. Lors d’une manoeuvre pour essayer de se dégager, se couche sur le flanc.

Thomas et Daniel décident d’abandonner la course.  » Quand il y a plus de galère que de plaisir, ce n’est plus la peine de continuer  » résume Thomas, certes déçu d’arrêter à  la moitié du parcours mais convaincu d’avoir pris la bonne décision, surtout après l’accident de son père Jean-Paul. C’était le premier Dakar de Thomas et Daniel et s’ils en refont un dans quelques années, ce sera sans doute avec plus de préparation. Par exemple, en s’entrainant dans des rallyes-raid un peu moins difficiles. Même analyse de la situation pour John et Michel Visy.  » Ce n’est pas du plaisir, c’est du calvaire  » résume John pour qui la piste est  » infernale « . Lorsqu’on y ajoute le fech-fech et la fatigue, le calcul est vite fait. Et la perspective de retraverser des dunes où ils ont tant galéré il y a deux jours termine de les décider.
Finissons tout de même par une bonne nouvelle. Elle nous vient d’Arnaud Dubrisay et Dominique Gibon (Wildcat 410), qui ont respectivement participé à  3 et 6 Dakar et qui rentrent chaque soir avec le sourire aux lèvres. Lorsque je leur demande comment s’est passée la journée, ils répondent selon les jours,  » super  » ou  » impeccable « . Aidés par l’expérience et la prudence – suivant l’adage populaire  » qui veut aller loin ménage sa monture « – ils sont à  ce jour 43ème au général.

Lundi 12 janvier. Sans sabot.

A partir d’aujourd’hui, nous n’attendrons désormais chaque soir que Dominique et Arnaud (410), à  bord du seul wildcat encore en course. La journée ne se passe malheureusement pas sans encombre. Ils passent sur une énorme pierre qui vient heurter le sabot. Rien ne semble endommagé, ils continuent la piste. Quelques kilomètres plus tard, ils utilisent le sabot pour lever le véhicule après une crevaison. Et là , c’est le drame…Le sabot ne tenait plus qu’à  un fil et finit par lâcher. Ils réussissent à  le décrocher et l’abandonnent sur la piste. Résultat : une heure et demi de perdue, quelques places au général mais le principal est acquis, ils arrivent. Et à  ce point de la course où le nombre d’abandons et de casse sont si nombreux, ce n’est déjà  pas si mal. Le soir, l’équipe d’assistance travaille sur le véhicule jusqu’à  3 heures du matin. Ils remettent un nouveau sabot ainsi que des vérins (tordus inutilisables), détordent le pot d’échappement et le support de la boite de vitesse abimés par la pierre. C’est reparti pour la boucle Copiapo-Copiapo, raccourcie de plus de 100 km par l’organisation.

Toute l’équipe de Techno Raid

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